DHS : L’Arsenal de Surveillance AI s’Élargit Malgré les Décisions Judiciaires
La semaine dernière, un juge fédéral du Minnesota a inclus une liste de 96 ordonnances judiciaires que l’Immigration et les Douanes (ICE) a violées dans 74 affaires dans une décision concernant un individu détenu. “Cette liste devrait faire réfléchir quiconque — peu importe ses croyances politiques — qui se soucie de l’état de droit“, a écrit le juge.
Malgré le défi à l’autorité judiciaire, ICE acquiert des outils de surveillance sophistiqués alimentés par des technologies d’intelligence artificielle et les déploie rapidement dans les villes américaines. Le dernier inventaire de l’IA du Département de la Sécurité Intérieure (DHS), publié le 28 janvier, révèle plus de 200 cas d’utilisation de l’IA qui sont déployés ou en développement, soit une augmentation de près de 40 % depuis la dernière divulgation en juillet 2025.
Une Croissance Alimentée par ICE
ICE est à l’origine de cette croissance, ajoutant 24 nouvelles applications d’IA, y compris des outils pour traiter des pistes, examiner des données sur les réseaux sociaux et des appareils mobiles, et déployer la reconnaissance faciale pour confirmer les identités. Parmi ces ajouts se trouvent des produits de Palantir, un entrepreneur en surveillance dont les technologies alimentent les opérations de ciblage d’ICE.
Preuves de l’Illégalité présumée
Les preuves de l’illégalité alléguée par les agences du DHS sont substantielles, notamment en matière de droits numériques et de surveillance. L’ACLU a intenté une action en justice documentant un schéma d’arrêts sans soupçon, d’arrestations sans mandat, et de profilage racial des Minnesotains, y compris avec l’utilisation de la reconnaissance faciale.
Un Arsenal en Croissance
Selon une analyse de FedScoop, l’inventaire récemment divulgué détaille plusieurs applications qui suscitent des inquiétudes parmi les experts. Cinq exemples examinés par Tech Policy Press incluent :
- ELITE, un outil de Palantir qui utilise l’IA générative pour aider les agents d’ICE à extraire des informations des dossiers et mandats.
- Mobile Fortify, une application de reconnaissance faciale et de correspondance d’empreintes digitales utilisée par ICE.
- Un ensemble d’outils pour le traitement amélioré des pistes utilisant la technologie de Palantir.
- Un modèle de risque “Hurricane Score” pour évaluer la probabilité que les non-citoyens ne respectent pas les exigences de contrôle.
- Un outil d’analyse des médias sociaux permettant des recherches approfondies sur les réseaux sociaux.
Impact des Technologies de Surveillance
Au moins 23 applications utilisent une forme de reconnaissance faciale ou d’identification biométrique. Certaines sont banales, mais d’autres fouillent des images tirées d’Internet public pour des correspondances. Le DHS a émis un contrat de 3,8 millions de dollars à Clearview l’année dernière.
Sur les 238 cas d’utilisation dans le dernier inventaire, 55 sont considérés comme à fort impact, 134 comme non à fort impact, et 49 comme présumés à fort impact mais déterminés non à fort impact.
Automatisation de l’Autoritarisme
Comme l’a écrit une résidente de Minneapolis, le DHS semble utiliser l’IA pour automatiser la surveillance, élargir la répression et centraliser le pouvoir. L’agence a consolidé des données provenant de sources sans précédent, créant ce qui revient à un panoptique de surveillance.
Conclusion
Alors que le DHS continue d’étendre ses capacités de surveillance, les implications pour les droits civils et la constitution américaine sont à surveiller de près. Les discussions sur des réformes substantielles du DHS, y compris la limitation de ses capacités de surveillance, sont à prévoir dans les semaines à venir.
