Gestion des risques de contrôle des exportations dans l’écosystème des puces IA
Les récentes actions du Bureau de la sécurité industrielle (BIS) du Département du commerce des États-Unis et du Département de la justice (DOJ) mettent en lumière comment les risques d’application s’étendent au-delà des fabricants et des exportateurs pour inclure les transitaires, les institutions financières et les opérateurs de centres de données. Bien que la direction politique des États-Unis reste incertaine, avec des mesures prises par l’administration Trump pour assouplir certaines restrictions, ce changement est peu susceptible de modifier l’accent mis par le BIS et le DOJ sur l’application des contrôles d’exportation.
L’enforcement des contrôles d’exportation pour le matériel informatique avancé (« puces IA ») a été une priorité constante au sein des récentes administrations. Une augmentation du commerce sous licence nécessitera des ressources supplémentaires pour surveiller et appliquer les conditions de licence, tandis qu’une volonté de licencier certaines exportations augmentera naturellement la pression d’application pour empêcher la contournement et l’acquisition illicite.
I. Introduction
Ces derniers mois, l’écosystème des puces IA et celui des semi-conducteurs ont fait l’objet d’un examen minutieux, car le DOJ, en coordination avec le BIS, a mené des actions d’application ciblant la diversion illégale de puces IA et d’autres technologies clés. Plus récemment, en janvier 2026, le BIS a conclu un règlement de 1,5 million de dollars avec une entreprise européenne concernant le transfert illégal d’articles de fabrication de semi-conducteurs soumis aux Règlements sur l’administration des exportations (EAR) à une installation de fonderie sur la Liste des entités par la filiale de l’entreprise européenne basée en Chine.
En décembre 2025, le DOJ a annoncé l’Opération Gatekeeper, qui a impliqué la perturbation des exportations et tentatives d’exportations par un réseau multi-défendeur d’une valeur d’au moins 160 millions de dollars de puces IA vers la Chine continentale et Hong Kong, suivi de plusieurs autres actions similaires dans l’industrie des puces IA.
II. Contexte politique
Entre janvier et mai 2025, le BIS a émis puis annulé son Cadre pour la diffusion de l’intelligence artificielle, qui aurait élargi les contrôles d’exportation sur les circuits intégrés (CI) informatiques avancés. En annulant le Cadre, le BIS a cité des préoccupations selon lesquelles cette règle pourrait entraver l’innovation américaine et compliquer l’engagement diplomatique avec des pays partenaires clés.
Il est important de noter que l’annonce de rescission n’était pas un signal d’assouplissement de l’application. Au contraire, en parallèle avec l’annonce, le BIS a publié une directive créant une présomption que les transactions impliquant certaines puces IA liées à la Chine violeraient les contrôles d’exportation américains.
III. Aperçu du cadre d’application
Le BIS réglemente l’exportation, la réexportation et le transfert en cours des articles contrôlés, les exigences de licence étant généralement déterminées par la classification de l’article et le pays de destination, l’utilisateur final et l’utilisation finale. S’engager dans des activités couvertes sans licence requise peut violer l’ECRA et ses règlements d’application, l’EAR.
Les actions d’application peuvent survenir de diverses manières, allant des activités gouvernementales de routine, comme les vérifications de l’utilisation par le BIS et les détentions de cargaison portuaires, à des rapports de lanceurs d’alerte.
IV. Actions récentes d’application des puces IA
En octobre 2022, le BIS a mis en œuvre des contrôles supplémentaires qui ont considérablement élargi les exigences de licence et les obligations de conformité pour les puces IA et les technologies connexes, en particulier en ce qui concerne la Chine. Le DOJ et le BIS ont poursuivi une série d’actions d’application de haut profil ciblant les efforts pour contourner les contrôles d’exportation américains.
V. Considérations de conformité
Ces récentes actions d’application reflètent un schéma cohérent : de nombreux schémas allégués ont utilisé des « drapeaux rouges » transactionnels et comportementaux identifiés dans les directives du BIS sur la diversion de puces IA, augmentant les attentes du BIS et du DOJ que les intermédiaires reconnaissent, signalent et potentiellement rapportent des activités suspectes.
VI. Conclusion
La récente vague d’actions d’application concernant les puces IA souligne un message clair : bien que les cadres politiques régissant les technologies informatiques avancées puissent continuer à évoluer, le risque d’application demeure. Le DOJ et le BIS ont démontré leur volonté de poursuivre des enquêtes complexes et multijuridictionnelles qui vont bien au-delà des fabricants et des exportateurs pour inclure des intermédiaires, des fournisseurs de services, des institutions financières et des opérateurs de centres de données.
