Les effets mondiaux de la loi sur l’IA et du Digital Omnibus
Depuis des années, les organisations mondiales abordent le paysage réglementaire européen avec autant de respect que de crainte. Le RGPD a redéfini les attentes mondiales en matière de gouvernance de la confidentialité, tandis que la loi sur l’IA de l’UE fait de même pour l’intelligence artificielle. Avec la nouvelle initiative Digital Omnibus, l’Union européenne tente de moderniser et de rationaliser ses règles numériques de plus en plus complexes.
Mais la réalité à laquelle chaque multinationale doit faire face est que les règles numériques de l’UE ne restent pas en Europe. Elles influencent rapidement les attentes, obligations et normes mondiales, que les entreprises le veuillent ou non.
Pourquoi les règles numériques de l’UE continuent-elles de façonner la gouvernance mondiale ?
Les entreprises sous-estiment souvent l’influence de l’UE dans l’établissement de normes mondiales pour la gouvernance numérique. Trois forces rendent cela inévitable :
- L’UE réglemente par des principes, pas par des technologies : Le RGPD a établi des principes durables de transparence, de limitation des objectifs, de minimisation, de droits et de responsabilité qui évoluent avec le temps.
- Les multinationales ne peuvent pas maintenir deux modèles d’exploitation : Une entreprise américaine servant l’Europe ne peut pas gérer un programme de confidentialité pour l’UE et un autre pour le reste du monde.
- L’application de l’UE façonne les attentes mondiales : Les régulateurs en dehors de l’Europe empruntent des concepts de l’UE parce qu’ils sont matures, bien articulés et éprouvés par les tribunaux.
À l’intérieur du Digital Omnibus : ce que l’UE essaie vraiment de corriger
Le Digital Omnibus tente d’harmoniser les règles en rationalisant :
- Les règles de consentement
- La fatigue liée aux cookies
- L’utilisation plus large des données pseudonymisées
- Les bases légales pour la formation des modèles d’IA
- Un cadre analytique unifié
- Les incohérences transfrontalières
- Le développement de l’IA
Cependant, la simplification au niveau juridique ne simplifie pas la gouvernance opérationnelle. Cela nécessite des ajustements importants pour les équipes de confidentialité, légales et de gouvernance de l’IA.
La nouvelle règle de formation de l’IA qui change tout
Une des propositions les plus conséquentes du Digital Omnibus concerne la formation de l’IA. L’UE envisage une mise à jour permettant l’utilisation de données personnelles pour la formation des modèles d’IA sur la base d’un intérêt légitime, et non seulement du consentement.
Le retour de la souveraineté des données
Bruxelles signale un retour fort à la souveraineté des données. Avec 90 % des données européennes hébergées sur des infrastructures américaines, les gouvernements voient maintenant la dépendance au cloud comme un risque stratégique.
Le paysage américain : un patchwork sans modèle
Tandis que l’UE tente d’unifier ses règles numériques, les États-Unis se dirigent dans la direction opposée avec des lois sur l’IA à l’échelle des États.
Les ripple effects : pourquoi les règles de l’UE ne restent pas en Europe
Les entreprises, même sans empreinte européenne, ressentiront l’impact de la loi sur l’IA et du Digital Omnibus à travers :
- Les exigences des fournisseurs
- Les attentes des clients
- Les attentes des auditeurs et des conseils d’administration
Conclusion : ce qui se passe à Bruxelles ne reste pas à Bruxelles
Le Digital Omnibus n’est pas juste une mise à jour réglementaire. C’est un signal que la gouvernance de l’IA devient indissociable de la confidentialité. Les organisations qui reconnaissent cela tôt et modernisent leurs processus et outils de gouvernance seront celles qui seront les mieux préparées pour 2026.
