Risques juridiques liés aux hallucinations de l’IA dans les tribunaux français

Les Risques des Hallucinations et de l’Utilisation Abusive de l’Intelligence Artificielle Générative devant les Cours Françaises

Les cours françaises, à l’instar de nombreuses autres juridictions à travers le monde, commencent à se confronter aux hallucinations générées par l’intelligence artificielle (IA). Ces hallucinations peuvent se manifester sous forme de références jurisprudentielles erronées produites dans les plaidoiries des parties, ou d’une utilisation abusive de l’IA pour leurs revendications.

Bien qu’aucune sanction n’ait encore été imposée en France, contrairement à de nombreux jugements rendus aux États-Unis, l’utilisation irresponsable ou déraisonnable de l’IA peut néanmoins avoir des conséquences significatives pour les avocats et leurs clients.

Utilisation Croissante des Outils d’IA dans le Système Juridique

En 2026, une enquête de Wolters Kluwer a révélé que plus de 90% des professionnels du droit utilisent au moins un outil d’IA dans le cadre de leur activité. Ces outils sont conçus pour rédiger des documents contractuels ou procéduraux, analyser et résumer des documents, et rechercher de la jurisprudence.

Les Hallucinations de l’IA : Un Risque à Considérer

La prudence est de mise, car personne n’est à l’abri des hallucinations de l’IA. Les outils d’IA générative sont souvent programmés pour présenter des réponses de manière confiante, sans effectuer de vérifications ultérieures, ce qui reste la prérogative des humains. Le contenu erroné ou trompeur, tel que les références juridiques fausses, est abondant.

Références Jurisprudentielles Inexactes ou Inexistantes

Les tribunaux français commencent à mettre en lumière l’utilisation abusive de l’IA dans leurs décisions. Les juges avertissent clairement contre l’utilisation de références jurisprudentielles inexactes ou inexistantes dans les soumissions des parties.

  • Lorsqu’aucune jurisprudence n’existe avec le numéro de référence indiqué
  • Lorsque le jugement n’a pas été rendu à la date indiquée
  • Lorsque la portée de la jurisprudence n’est pas liée au soutien de l’argument invoqué

Les juges peuvent inviter les parties et/ou leur avocat à vérifier à l’avenir que les références trouvées sur des moteurs de recherche ou l’intelligence artificielle ne sont pas des ‘hallucinations’.

Documents Rédigés par des Outils d’IA Générative

Les tribunaux sont également confrontés à des motions et soumissions rédigées par des outils d’IA générative. Les tribunaux administratifs ont été les premiers touchés par ce phénomène. Cependant, les juges semblent parfois moins stricts avec les demandeurs non représentés par un professionnel du droit capable de vérifier le contenu légal des documents produits.

Le Tribunal Administratif de Grenoble a noté une manque de clarté dans les soumissions, résultant clairement d’une rédaction à l’aide d’un outil d’IA générative, ce qui n’a pas influencé la décision du tribunal.

Conséquences de l’Utilisation de l’IA Générative sur le Raisonnement des Cours

Bien que l’utilisation d’un outil d’IA générative ne soit pas en soi punissable, les hallucinations de l’IA peuvent amener les demandeurs à présenter des arguments erronés ou infondés, qui seront donc rejetés par le juge. Cela a été le cas à plusieurs reprises devant le Tribunal Administratif de Rennes, qui a rejeté des demandes générées par l’IA.

Évidence Générée par l’IA Générative

Bien que la jurisprudence française n’ait pas encore traité de cas de fausses preuves générées par l’IA, le risque augmente à mesure que les outils d’IA deviennent plus sophistiqués. Des cas comme celui de Dawes, où un client a fourni à ses avocats un faux document, illustrent les nouveaux risques.

Sanctions Envers les Avocats

À ce jour, aucun avocat n’a été sanctionné par les tribunaux français pour avoir compté sur des hallucinations de l’IA dans leurs arguments. Les tribunaux se sont contentés de leur demander de vérifier les références citées dans leurs soumissions. Cependant, les avocats restent soumis aux Règlements Nationaux de la profession d’avocat, qui imposent des devoirs de compétence, de diligence et de prudence.

Il est impératif que les avocats vérifient la fiabilité des résultats obtenus par des systèmes d’IA afin d’éviter toute responsabilité professionnelle.

En conclusion, bien que l’IA soit un outil efficace, elle ne peut jamais complètement remplacer l’intervention humaine. Les avocats doivent donc rester vigilants pour garantir la qualité et la véracité des arguments présentés devant les tribunaux.

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