Opportunités et risques de la politique proposée sur l’IA par la Maison Blanche
Le cadre réglementaire sur l’IA proposé par la Maison Blanche est enfin dévoilé, et il y a beaucoup d’éléments qui pourraient ravir les startups et leurs investisseurs. La Silicon Valley s’est opposée de manière virulente à une réglementation de l’IA au niveau des États, mais alors que le Congrès discute de cette question depuis trois ans, la Californie et New York ont déjà adopté leurs propres législations.
Les États en jeu
Le retour de l’interdiction pour les États-Unis de réglementer l’IA est un point positif pour les VC et les PDG de certaines des plus grandes startups d’IA. En juillet, une mesure qui aurait imposé des pénalités aux États ayant adopté des réglementations sur l’IA a été retirée du budget domestique commun du président Donald Trump, surnommé “The Big Beautiful Bill”. Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, avait soutenu cette mesure. Désormais, l’administration propose que les États “ne soient pas autorisés à réglementer le développement de l’IA, car il s’agit d’un phénomène intrinsèquement interétatique ayant des implications clés en matière de politique étrangère et de sécurité nationale”. Cependant, la proposition reste silencieuse sur la question des États ayant déjà adopté des lois.
Les garanties pour les startups
Des mesures bénéfiques pour les startups incluent un appel à des investissements sous forme de subventions et d’incitations fiscales pour “soutenir le déploiement plus large des outils d’IA dans l’industrie américaine”. De plus, l’administration plaide pour un renforcement des mesures contre les escroqueries alimentées par l’IA, ce qui pourrait renforcer le secteur déjà en pleine croissance des startups de cybersécurité utilisant l’IA pour lutter contre les attaques permises par l’IA. La proposition appelle également à rendre accessibles aux entreprises des ensembles de données fédéraux pour l’entraînement de l’IA.
Le dilemme des centres de données
Pour les opérateurs de capital-investissement qui ont investi massivement dans des centres de données, la proposition est une arme à double tranchant. Elle cherche à codifier l’engagement de protection des consommateurs de Trump, qui demandait – mais n’exigeait pas – que les entreprises supportent les coûts de l’infrastructure électrique nécessaire au fonctionnement de leurs centres de données. Que ce soit pour financer des mises à niveau d’infrastructure, négocier des structures tarifaires distinctes avec les services publics, ou construire de nouvelles ressources de production d’énergie, la proposition impose un changement de responsabilité pour l’alimentation des centres de données. Bien que cela augmente les coûts pour les opérateurs, les entreprises de capital-investissement déjà engagées dans les infrastructures énergétiques pour alimenter les centres de données pourraient en tirer profit. Par exemple, en novembre, Blackstone a investi 1,2 milliard de dollars dans Wolf Summit Energy, une centrale électrique en construction pour répondre à la demande des centres de données.
Les incertitudes
L’administration devra faire face à un projet de loi existant du sénateur républicain Marsha Blackburn du Tennessee, le TRUMP AMERICA AI Act, qui a des priorités différentes. Notamment, le projet de Blackburn vise à abolir la section 230 de la loi sur la décence dans les communications de 1996, une loi vieille de 30 ans qui stipule que les services internet et les sites web ne sont pas légalement responsables du contenu publié par leurs utilisateurs. L’administration Trump, quant à elle, souhaite étendre ces protections aux entreprises d’IA. Il n’est pas clair non plus si les républicains aborderont la question avant les élections de novembre. Actuellement, le Congrès se bat pour le financement du département de la sécurité intérieure et la guerre au Moyen-Orient, ainsi que sur des disputes politiques concernant une loi sur l’identification des électeurs qui est bloquée au Sénat.
