Le Cadre Législatif National sur l’IA publié par la Maison Blanche
Ce matin, la Maison Blanche a publié un cadre politique de quatre pages intitulé « Cadre Politique National pour l’Intelligence Artificielle », qui s’appuie sur plusieurs mois de déclarations politiques de l’administration Trump concernant les rôles des gouvernements étatiques et fédéraux dans la régulation de l’IA.
Cela survient seulement deux jours après que la sénatrice Marsha Blackburn (R-TN) a publié un projet de discussion de 300 pages sur le « TRUMP AMERICA AI Act », qui cherche à codifier les décrets exécutifs du président Trump sur l’IA. Bien que les deux documents partagent des priorités, ils diffèrent sur des questions de droits d’auteur, de responsabilité des développeurs et de Section 230.
Les Sept Domaines de Focalisation du Cadre Politique
Le cadre politique de la Maison Blanche couvre sept catégories, mais quatre sont particulièrement importantes pour les entreprises déployant ou développant de l’IA :
1. Préemption fédérale des lois étatiques sur l’IA
Les états seraient interdits de réguler le développement de l’IA. Ils ne pourraient pas imposer de charges sur l’utilisation de l’IA pour des activités qui seraient légales sans IA, et ne pourraient pas tenir les développeurs responsables de la mauvaise utilisation de leurs modèles par des tiers. Cependant, le cadre prévoit des exceptions larges : les états conservent l’autorité sur la safety des enfants, la fraude, la protection des consommateurs, le zonage et les achats d’IA par leur propre gouvernement.
2. Droits d’auteur renvoyés aux tribunaux
L’administration affirme qu’elle considère que former l’IA sur des matériaux protégés par des droits d’auteur est légal, mais plutôt que de codifier cette position, elle demande au Congrès de ne pas intervenir et de laisser les juges résoudre la question de l’usage équitable. Elle soutient également la création de cadres de licences collectives pour que les titulaires de droits puissent négocier avec les entreprises d’IA sans déclencher de responsabilité antitrust.
3. Sécurité des enfants comme ancre
Des exigences d’assurance d’âge, des fonctionnalités de plateforme pour réduire les risques d’exploitation et d’automutilation, et l’extension des protections de la vie privée des enfants existantes aux systèmes d’IA. C’est le seul domaine bénéficiant d’un véritable soutien bipartisan, et le cadre préserve délibérément l’autorité des états dans ce domaine, y compris sur les matériaux générés par l’IA liés aux abus sexuels sur enfants.
4. Pas de nouvelle agence fédérale sur l’IA
Au lieu d’un régulateur centralisé, le cadre passe l’oversight par le biais d’agences existantes disposant d’une expertise pertinente (SEC pour l’IA financière, FDA pour la santé, FTC pour les questions de consommation). Le Congrès est également invité à créer des espaces réglementaires, bien que le cadre ne précise pas quelle agence les gérerait ni comment elles interagiraient avec les règles existantes.
Questions Ouvertes de Préemption Fédérale
En un mot : « non », et la diversité des régulations étatiques sur l’IA en cours d’examen et d’entrée en vigueur compliquera seulement l’analyse.
Bien que le concept de préemption semble clair dans ce résumé de quatre pages, la frontière entre la régulation de « développement IA » préemptée et les lois de « généralité préservée » est indéfinie et non testée. La loi sur l’IA du Colorado, qui entre en vigueur le 30 juin, impose des obligations tant aux développeurs qu’aux déployeurs de systèmes à haut risque. Cela régule-t-il le « développement IA » ou applique-t-il la protection des consommateurs ? Le cadre ne répond pas à cette question, et les nouvelles régulations étatiques incluent également des causes d’action privées qui peuvent être une réponse aux tactiques de préemption fédérale.
Pour l’instant, ce cadre ne change rien aux obligations de conformité existantes. Mais c’est un signal fort des intentions de l’administration Trump, surtout avec d’autres livrables d’agences fédérales concernant les lois étatiques sur l’IA dues ce mois-ci. La FTC et le secrétaire au Commerce ont été chargés de fournir des évaluations des régulations étatiques « onéreuses », ce qui pourrait servir de feuille de route pour le Task Force sur les Litiges d’IA du département de la Justice. Que ce cadre politique se concrétise au Congrès ou dans les tribunaux, les deux voies seront à suivre de près.
