Taxer l’IA : Partager les profits avec le public

Proposition d’une taxe sur l’IA payée en actions

Face à la vague de licenciements provoquée par l’intelligence artificielle, les risques publics liés à l’IA s’intensifient : vols de données, discrimination algorithmique, concentration du pouvoir économique et politique. Les actionnaires privés ne ressentent que peu d’obligation d’atténuer ces dangers.

Solution proposée : partage public des bénéfices de l’IA

Le projet, présenté dans le Columbia Journal of Tax Law, suggère qu’une taxe sur les entreprises d’IA d’importance systémique soit payée en actions plutôt qu’en espèces. Cette taxe créerait un fonds public détenant des parts d’actions, offrant à la fois une source de financement et des droits de gouvernance limités aux citoyens.

Avantages de la taxe en actions

Données comme valeur publique : les utilisateurs récupèrent une partie de la valeur générée à partir de leurs données. Voix accrue dans les décisions : la participation publique aux assemblées d’actionnaires permet d’intégrer l’intérêt général dans la gouvernance. Nouvelle source de revenus : en période de chute des impôts sur les salaires, le fonds assure un financement public supplémentaire sans recourir à de nouveaux fonds gouvernementaux.

Précedents existants

Les fonds de pension publics (CalPERS) et les fonds souverains (Norvège, Abu Dhabi, Alaska) détiennent déjà d’importantes participations dans des entreprises privées. Le modèle proposé s’appuie sur ces pratiques, en alignant la structure des actions existantes sans créer de nouveaux titres.

Mise en œuvre législative

La taxe serait adoptée par le Congrès, assortie de règles de conflit d’intérêts et de normes éthiques strictes pour la gestion du fonds. La gestion suivrait les meilleures pratiques déjà en place pour les fonds d’investissement publics, assurant transparence et responsabilité.

Risques d’inaction

Sans intervention, le marché de l’IA pourrait évoluer vers un monopole gagnant-gagnant, où quelques entreprises contrôlent la majorité des retours économiques, au détriment du reste de la société. L’histoire de Uber, Meta et Amazon montre que les entreprises dominantes peuvent éviter les impôts jusqu’à ce qu’elles atteignent une position de quasi‑monopole.

Conclusion

Instaurer une taxe sur l’IA en actions offrirait une réponse proactive aux défis économiques et sociaux posés par l’intelligence artificielle. Elle garantirait que les bénéfices de l’IA soient partagés équitablement, tout en renforçant la gouvernance démocratique des entreprises technologiques.

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