Clause IA de l’USTDA : un modèle à copier pour le gouvernement

Clause IA de l’USTDA : un modèle à copier pour les administrations fédérales

Le sollicitations de services d’infrastructure numérique Indo-Pacifique de l’USTDA intègre, dans son énoncé de travail, une clause IA complète (section D.1.8.3). Cette clause constitue l’un des premiers exemples publics d’une agence fédérale régulant non seulement les systèmes IA vendus au gouvernement, mais aussi l’usage de l’IA par les contractants dans la production de connaissances professionnelles.

Distinction entre usage incidentel et usage substantiel

La clause définit l’IA comme tout logiciel, plateforme ou application utilisant le machine learning, les grands modèles de langage ou l’IA générative. Elle autorise l’usage incidentel (vérification grammaticale, traduction, recherche) sans approbation préalable, à condition que les données ne soient pas confidentielles, que le résultat soit revu par du personnel qualifié et que l’outil soit « développé et produit aux États‑Unis ».

En revanche, tout usage substantiel – génération de contenu analytique, recommandations, ou traitement de documents du commanditaire – nécessite une demande écrite d’approbation au représentant du contractant (COR). La demande doit préciser l’outil, le développeur, le pays d’origine, les tâches, les types de données et les garde‑fous de révision humaine. Le COR doit répondre sous 10 jours ouvrables, avec une décision d’approbation, d’approbation conditionnelle ou de refus.

Suivi et transparence

Les approbations sont consignées dans le tracker des livrables du contrat. Chaque livrable contenant une utilisation substantielle doit divulguer les outils IA employés et la nature de leur usage. Cette traçabilité crée un « permis » plutôt qu’une barrière, facilitant la conformité tout en offrant une visibilité complète aux décideurs.

Points forts à retenir pour les agences

1. Maintenir la distinction incidentel/substantiel : elle permet une utilisation agile de l’IA tout en contrôlant les risques.

2. Demande d’approbation détaillée : nom de l’outil, développeur, pays d’origine, tâches, données, garde‑fous.

3. SLA de réponse du COR (10 jours ouvrables) : garantit une prise de décision rapide et évite les retards de projet.

4. Tracker de conformité intégré au suivi des livrables : assure la transparence et la traçabilité.

Défaut identifié et recommandation

La clause impose que même les outils incidentels soient développés et produits aux États‑Unis, sans prévoir d’exemption pour les produits commerciaux courants (ex. correcteur orthographique, applications cartographiques). Cette exigence risque de rendre la clause non conforme aux directives M‑25‑22 qui excluent les produits grand public contenant de l’IA.

Recommandation : ajouter une dérogation pour les IA embarquées dans les logiciels courants et préciser la signification de « développé et produit aux États‑Unis » pour les solutions SaaS multinationales.

Implications pour les futurs contrats et subventions

Le modèle USTDA influence déjà d’autres initiatives, comme le projet de déviation GSAR de la GSA, qui impose la divulgation de tous les systèmes IA utilisés dans les contrats et interdit les IA non‑américaines. Les organisations à but non lucratif et les bailleurs de fonds devront anticiper des exigences similaires dans leurs accords de subvention d’ici 2027.

Pour se préparer, les entités doivent :

a. Mettre en place un registre des outils IA (nom, développeur, pays d’origine, limites de données).

b. Intégrer des portes de révision humaine et des mécanismes de suivi de provenance dans les flux de travail rédactionnels.

c. Préparer des modèles de langage de divulgation prêts à être insérés dans les livrables.

Conclusion

La clause IA de l’USTDA représente une avancée décisive en matière de gouvernance de l’intelligence artificielle dans les contrats de services professionnels. En combinant permis d’usage, suivi automatisé et exigences de transparence, elle offre un cadre opérationnel que les agences fédérales, les bailleurs de fonds et les organisations du secteur privé peuvent adapter pour assurer une utilisation responsable et compétitive de l’IA.

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