Régulations pour lutter contre la désinformation générée par l’IA et l’incitation au suicide
À Washington et New York, il a été révélé que 48 des 50 États américains ont déjà mis en place leur propre législation régissant l’utilisation et le développement de l’intelligence artificielle (IA). Ces initiatives répondent à des préoccupations sociétales croissantes concernant la diffusion de fausses informations et les incitations au suicide à travers des IA génératives.
Contexte législatif
Alors que l’administration de l’ancien président américain Donald Trump a encouragé le développement rapide de l’IA, aucune réglementation fédérale en matière d’IA n’existe, ce qui a poussé les États à établir leurs propres règles. Depuis 2020, les États américains ont commencé à instaurer des régulations sérieuses face à des problématiques de plus en plus pressantes, telles que la pornographie juvénile et les vidéos trompeuses lors des élections.
État actuel des régulations
Avec le début du second mandat de Trump en janvier 2025, le mouvement pour introduire des régulations s’est intensifié, entraînant l’adoption de nouvelles lois dans 30 États. Actuellement, des régulations sont en place dans 48 États. Les deux États restants, Alaska et Ohio, étudient des projets de loi sur la régulation de l’IA.
Au moins 13 États ont également établi des dispositions pénales contre les entreprises enfreignant ces régulations, notamment les développeurs d’IA.
Principaux axes de régulation
Le principal axe de régulation concerne les deepfakes générés par l’IA. Par exemple, l’Arkansas criminalise la production et la distribution de deepfakes obscènes, tandis que le Montana interdit leur utilisation dans les documents liés aux élections 60 jours avant le vote.
Six États régulent également les chatbots qui répondent aux questions de manière conversationnelle. Cela fait suite à une série de suicides chez de jeunes gens qui ont reçu des conseils sur les méthodes de suicide par ces chatbots. La Californie a imposé que les opérateurs de chatbots prennent des mesures appropriées si un utilisateur évoque le suicide.
Des régulations médicales, telles que l’interdiction pour l’IA de se faire passer pour des médecins humains, ont été mises en place dans 10 États, tandis que 13 États ont instauré des régulations concernant l’utilisation de l’IA dans les institutions publiques, notamment pour la création de documents.
Réactions et perspectives
Malgré ces avancées, Trump s’inquiète d’un éventuel ralentissement du développement de l’IA et se montre réticent à des régulations plus strictes. Pour établir une législation fédérale qui annule les régulations des États, il a signé un décret en décembre 2025 appelant à des mesures telles que des actions légales contre les États américains imposant des restrictions jugées excessives.
Les développeurs d’IA s’opposent également aux régulations. Le New Mexico a envisagé de nouvelles réglementations de protection des consommateurs l’année dernière, mais les a abandonnées en raison de l’opposition de l’industrie.
Comparaison internationale
Les mouvements en faveur de régulations sur l’IA s’accélèrent à l’échelle mondiale. L’Union Européenne a établi son AI Act en mai 2024, fournissant une régulation complète sur l’IA. Le Japon a également adopté une loi sur la régulation de l’IA en mai 2025, qui vise à promouvoir le développement de l’IA générative ainsi que la gestion des risques, bien que la loi n’inclue pas de mesures réglementaires spécifiques ou de pénalités.
