Défis et Opportunités de la Corée du Sud : Tarifs, Démographie et Réglementation de l’IA

La Corée du Sud face aux tarifs, à la crise démographique et à la loi sur l’IA

La Corée du Sud se trouve à un carrefour, confrontée à une triade de défis et d’opportunités qui pourraient définir son avenir économique et technologique : des tensions commerciales renouvelées avec les États-Unis, une population vieillissante rapide et la course mondiale pour réguler l’intelligence artificielle.

Au cours des derniers mois, le pays a été propulsé sous les projecteurs internationaux, non seulement pour ses manœuvres diplomatiques, mais aussi pour ses expériences politiques audacieuses qui ont laissé les partisans et les critiques débattre de la voie à suivre.

Les négociations commerciales

Le 3 février 2026, le ministre des Affaires étrangères de la Corée du Sud, Cho Hyun, est arrivé à Washington pour des discussions cruciales avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio. Cette rencontre survient juste huit jours après que le président Donald Trump a menacé d’augmenter les tarifs sur les biens sud-coréens, y compris les automobiles, le bois et les produits pharmaceutiques, de 15 % à 25 %.

Au cœur de ce différend se trouve un projet de loi spécial, soumis par le Parti démocratique au pouvoir en novembre 2025, visant à soutenir l’engagement de Séoul d’investir la somme colossale de 350 milliards de dollars aux États-Unis. En retour, Washington avait convenu de réduire les tarifs, une mesure destinée à cimenter la coopération économique entre les deux alliés.

Les défis démographiques

Alors que la Corée du Sud navigue dans les eaux troubles du commerce international et de la diplomatie, elle fait également face à une crise démographique qui menace de saper sa base économique. Lors du sommet APEC de 2025, qui s’est tenu à Gyeongju fin octobre, la Corée du Sud a placé le déclin démographique au centre de l’agenda régional.

La population sud-coréenne a commencé à diminuer depuis 2021, avec un taux de fécondité de seulement 0,7—le plus bas au monde. D’ici 2040, la population en âge de travailler devrait chuter de 72 % à 56 %. Déjà, les effets se font sentir, avec une pression accrue sur le recrutement militaire et un fonds de pension nationale en passe d’être épuisé d’ici 2056 si les tendances actuelles persistent.

Les initiatives de réponse

Pour remédier à ces défis, le gouvernement a intensifié les investissements publics dans la littératie technologique et lancé des partenariats public-privé pour intégrer l’intelligence artificielle dans le lieu de travail. L’objectif est d’accroître la productivité et de garantir que les travailleurs plus âgés et plus jeunes soient préparés aux emplois de demain.

La loi sur l’intelligence artificielle

Au milieu de ces changements tectoniques, la Corée du Sud a également pris les devants en matière de réglementation technologique. Le 22 janvier 2026, le pays a introduit sa Loi de base sur l’IA, qui se vante d’être “le premier corps de lois complet au monde pour réglementer l’intelligence artificielle.”

Cette nouvelle loi impose des exigences strictes aux entreprises, tant domestiques qu’étrangères, en particulier celles développant des applications liées à la sûreté nucléaire, aux soins de santé et aux services financiers. Elle exige une supervision humaine des systèmes d’IA et impose des plans de protection des utilisateurs.

Toutefois, des inquiétudes demeurent quant à la clarté du langage de la loi et aux exigences de conformité qui pourraient freiner l’innovation dans un pays qui joue un rôle crucial dans la chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs.

Alors que la Corée du Sud jongle avec ces défis économiques, démographiques et technologiques, sa capacité à s’adapter—et à apprendre de ses succès et de ses échecs—déterminera si elle émerge plus forte ou se trouve entravée par les politiques destinées à sécuriser son avenir.

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