Éthique et Responsabilité à l’Ère de l’IA

Comment l’Éthique est-elle Manipulée dans le Contexte de l’IA ?

Dans le contexte actuel de l’IA, il est crucial d’adopter une réponse éthique sérieuse qui va au-delà des simples étiquettes éthiques superficielles. Cette réponse doit également reconnaître la manière dont la critique de l’IA peut facilement devenir un moyen d’obscurcir notre propre responsabilité concernant les valeurs et comportements que ces systèmes incarnent.

Le Concept d’Éthique-Washing

Le terme ‘éthique-washing’ désigne un phénomène où les entreprises donnent l’impression de prendre au sérieux les préoccupations éthiques concernant l’IA, tout en les écartant subtilement par des certifications sans signification. Cela revient à obtenir un certificat de santé de la part d’un médecin malhonnête.

Introduction du Concept d’Us-Washing

Un concept moins connu, que l’on pourrait qualifier d’‘us-washing’, mérite d’être exploré. L’us-washing se distingue de l’éthique-washing en ce qu’il ne s’agit pas de blanchir l’IA, mais plutôt de nous-mêmes. Il est important d’éviter de simplifier la situation en opposant l’IA « mauvaise » à l’humanité « bonne », où l’éthique serait uniquement une défense contre l’IA.

Les Dangers de la Simplification Éthique

Cette dichotomie flatte notre ego, car elle déplace la responsabilité de la mauvaise utilisation de l’IA sur l’IA elle-même, nous dispensant d’affronter nos propres défauts. Ce mécanisme rappelle celui du scapegoating, où les défauts de la communauté sont symboliquement transférés sur un bouc émissaire, purifiant ainsi la communauté.

Une Illustration Concrète

Un exemple concret est celui d’une interaction à un guichet de gare, où un avis demandait de « sourire en rendant la monnaie ». Ce type de pratique réduit la présence humaine à un instrument de satisfaction client, reflétant ainsi notre tendance à transformer les interactions humaines en simples transactions. Cela mène à la création de machines qui imitent ces comportements, comme les LLMs (Large Language Models) qui « écoutent » sans véritable empathie.

Consommation et Instrumentalisation

Notre appétit pour l’instrumentalisation – réduire les autres à leur capacité à satisfaire nos désirs – est une tendance préexistante qui a été accentuée par le consumérisme numérique. Les itérations récentes de cette tendance, qu’il s’agisse de chatbots ou de sites de rencontres, ne sont donc pas surprenantes.

Conclusion

Il est essentiel de ne pas hésiter à examiner nos propres comportements et d’éviter de pointer du doigt l’IA pour des défauts que nous partageons. Au lieu de cela, nous devons reconnaître et assumer les caractéristiques moins flatteuses que nous projetons sur l’IA, en comprenant que notre relation avec cette technologie est également un reflet de nous-mêmes.

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