Contracter des solutions d’IA agentique : Évolution du modèle de SaaS vers des services
Alors que les produits d’IA agentique passent d’outils passifs à des acteurs autonomes, nous assistons à un changement au-delà des modèles de contrat SaaS traditionnels vers une approche hybride intégrant des clauses de type BPO (Business Process Outsourcing). Cela inclut des clauses portant sur la définition des services, des garanties, des SLA basés sur les résultats, une indemnisation plus large, ainsi que des droits de gouvernance et d’audit, et la propriété des données.
Un changement de modèle
Historiquement, la contractualisation pour les produits d’IA générative (GenAI) s’est largement ancrée dans un modèle SaaS familier. Dans ce modèle, le fournisseur rend le produit GenAI disponible sur sa plateforme, tandis que l’entreprise cliente est responsable de son utilisation. Ce modèle est adapté lorsque le produit d’IA est un outil passif.
Cependant, l’IA agentique ne s’intègre pas facilement dans ce modèle de contrat. L’IA agentique fait référence à des systèmes capables de planifier et d’exécuter de manière autonome des tâches en plusieurs étapes pour atteindre un objectif. Au lieu de simplement suggérer du contenu, ces systèmes agissent de manière autonome au nom de l’entreprise.
Les solutions d’IA agentique
Les solutions d’IA agentique peuvent varier d’outils d’IA généralistes permettant aux entreprises de développer leurs propres agents, à des solutions spécifiques développées par des fournisseurs pour accomplir des fonctions précises, comme la gestion des demandes de paiement ou l’accès aux avantages pour les employés.
À mesure que ces solutions agissent de manière autonome, la relation entre le fournisseur et l’entreprise évolue, passant de la simple licence d’outil à la fourniture d’un service. Ce changement nécessite également une révision du modèle de contrat.
Clauses essentielles à revisiter
1. Définitions et portée des services
Dans un contrat SaaS standard, le « Service » est défini comme une plateforme logicielle hébergée. En revanche, un contrat de type BPO définira le « Service » comme l’ensemble des tâches que le fournisseur accepte d’accomplir en utilisant des agents IA, avec des garde-fous clairs.
2. Garanties de service
Les contrats SaaS incluent souvent une clause stipulant que “LE SERVICE EST FOURNI TEL QUEL, AVEC TOUS LES DÉFAUTS.” En revanche, une approche de type BPO devrait inclure des garanties de performance assurant que les services seront réalisés de manière professionnelle.
3. Accords de niveau de service (SLA)
Les SLA dans les contrats SaaS mesurent principalement la disponibilité de la plateforme. À l’inverse, les SLA de type BPO devraient être opérationnels, mesurant des résultats tels que l’exactitude et la satisfaction des clients.
4. Indemnisation
Les indemnités dans les contrats SaaS sont souvent limitées. Une approche de type BPO devrait élargir les indemnités à des réclamations plus variées, y compris celles découlant des actions autonomes de l’agent.
5. Droits de gouvernance et d’audit
Les droits d’audit dans les contrats SaaS peuvent être limités. Une approche de type BPO offrirait des droits d’audit plus larges, permettant à l’entreprise de vérifier les performances des agents IA.
6. Droits sur les données, propriété intellectuelle et formation des modèles
Les termes SaaS peuvent accorder au fournisseur une licence large sur toutes les données générées. Dans un contrat de type BPO, il serait clair que l’entreprise possède toutes les données soumises et générées.
Conclusion : Vers un contrat hybride
La voie à suivre pour l’acquisition d’IA agentique ne consiste pas à rejeter complètement le modèle de contrat SaaS, mais à créer un nouveau modèle hybride. Ce modèle peut tirer parti à la fois de la structure de souscription évolutive des contrats SaaS et des engagements de performance et de gouvernance des contrats de type BPO, permettant ainsi aux entreprises et aux fournisseurs de réaliser de nouvelles valeurs.
