Can India Shape the Script of Global AI Governance? Or Is It Already Written?
Avant tout grand sommet technologique mondial, les États participants et les agences privées entreprennent un travail préparatoire approfondi. Des consultations internes ont lieu, des questions sont débattues entre départements gouvernementaux, et des think tanks ainsi que d’autres parties prenantes sont engagés. Lorsque les délégations arrivent sur le lieu de l’événement, les stratégies nationales et les lignes rouges sont généralement bien définies. Cette prudence reflète le fait que la gouvernance technologique mondiale touche directement à la sécurité nationale, à la compétitivité économique, à la politique industrielle et aux valeurs sociétales.
Ce schéma a été particulièrement évident dans les discussions récentes sur l’intelligence artificielle (IA), surtout depuis la sortie de ChatGPT, un chatbot IA génératif développé par OpenAI, en novembre 2022. Lors des réunions internationales sur l’IA, il est devenu clair que ni les acteurs étatiques ni les leaders industriels n’arrivent sans positions arrêtées. Le consensus, lorsqu’il émerge, est largement le produit d’un alignement préalable plutôt que d’une délibération spontanée.
Le Sommet Mondial sur la Sécurité de l’IA
Bien avant le premier Sommet Mondial sur la Sécurité de l’IA à Bletchley Park au Royaume-Uni en 2023, plusieurs États et acteurs industriels de premier plan avaient déjà articulé leurs stratégies nationales en matière d’IA. L’Union Européenne est entrée dans les discussions ancrée fermement à son projet de Règlement sur l’IA, priorisant la réglementation contraignante et la responsabilité légale. En revanche, les États-Unis ont articulé une vision centrée sur des engagements volontaires et l’innovation dirigée par l’industrie, reflétant leur inconfort face à ce qu’ils considéraient comme une sur-réglementation.
Le sommet de Bletchley Park a donc reflété ces positions préexistantes, avec des conclusions finales généralisées, mettant l’accent sur la coopération et la mitigation des risques tout en évitant des obligations réglementaires strictes.
Le Sommet Impact de l’IA en Inde
L’Inde accueillera le quatrième Sommet Impact de l’IA à New Delhi du 19 au 20 février 2026. Les positions déjà prises par des États et des acteurs privés ayant des enjeux significatifs dans la structuration des architectures mondiales de l’IA influenceront fortement les résultats du sommet. Il est donc crucial de revoir où se situent actuellement les principaux acteurs sur la gouvernance de l’IA.
Les principaux acteurs étatiques dans le domaine de l’IA demeurent les États-Unis, la Chine, et quelques pays européens. Les États européens adoptent généralement une approche collective sous le cadre de l’UE, le Royaume-Uni restant une exception notable.
Le Règlement Européen sur l’IA
L’UE a introduit un cadre législatif complet sur l’IA avec l’adoption de son Règlement sur l’IA le 13 juin 2024. Ce règlement établit un système de classification basé sur les risques :
- Risques inacceptables : systèmes d’IA comme le scoring social ou l’IA manipulatrice sont interdits.
- Risques élevés : systèmes soumis à des exigences réglementaires strictes.
- Risques limités : principalement régis par des obligations de transparence.
- Risques minimaux : largement non réglementés.
Il est à noter que la plupart des systèmes d’IA actuellement déployés dans l’UE relèvent de cette dernière catégorie. Les obligations de conformité se concentrent principalement sur les fournisseurs de systèmes d’IA à haut risque.
Stratégies des États-Unis et de la Chine
Les États-Unis, quant à eux, ont publié un Plan d’Action pour l’IA en juillet 2025, axé sur trois priorités principales : placer les travailleurs américains au centre du développement et du déploiement de l’IA, garantir que les systèmes d’IA soient exempts de biais idéologiques, et prévenir l’utilisation abusive des technologies avancées.
La Chine a révélé son Plan d’Action pour la Gouvernance Mondiale de l’IA le 26 juillet 2025, promouvant la coopération mondiale à travers 13 actions volontaires, mettant l’accent sur la coordination, l’alignement des normes, et la gestion des risques partagés.
Attentes de l’Inde pour le Sommet de 2026
Les attentes de l’Inde pour le sommet de 2026 sont plus orientées vers le consensus. En tant qu’hôte, l’Inde vise à promouvoir un cadre mondial qui équilibre sécurité, inclusion et croissance, tout en amplifiant les perspectives du Sud Global. L’approche de l’Inde met l’accent sur le déploiement éthique, l’accès équitable et l’impact socio-économique.
Comme la plupart des pays, l’Inde est peu susceptible de plaider pour des engagements légalement contraignants sur l’IA lors du sommet. Au lieu de cela, son objectif sera probablement procédural et politique, cherchant à sécuriser une déclaration non contraignante largement approuvée qui signale une convergence internationale sur les normes de gouvernance de l’IA.
Le succès sera mesuré moins par la force légale du document résultant que par l’ampleur de la participation, en particulier parmi les principaux États et acteurs du secteur privé.
Il est inévitable que l’attention se concentre sur la position des États-Unis, qui se sont montrés de plus en plus réticents à participer formellement à des mécanismes multilatéraux.
Conclusion
Dans cette quête d’un cadre de gouvernance de l’IA équilibré, l’Inde devra naviguer habilement entre les priorités des grandes puissances, des économies émergentes et des acteurs privés. Dans un contexte aussi complexe, forger un cadre de gouvernance de l’IA acceptable pour tous lors du sommet de février 2026 sera un véritable défi.
