Les politiques complexes du nouvel ordre exécutif sur l’IA de Trump
La tentative de l’administration de supprimer la régulation de l’IA au niveau des États risque de provoquer des réactions juridiques, une résistance bipartisane et une méfiance du public, sapant ainsi l’innovation qu’elle cherche à promouvoir.
Un ordre exécutif controversé
L’administration Trump a publié un ordre exécutif (OE) visant à empêcher les États de réguler l’intelligence artificielle (IA). Cet ordre remet en question la constitutionnalité des lois étatiques sur l’IA, retient des fonds fédéraux des États jugés trop restrictifs, facilite l’élaboration de normes nationales sur l’IA et dirige la création d’un cadre politique fédéral sur l’IA qui pourrait éventuellement devenir loi.
Cette initiative pourrait refroidir l’activité réglementaire des États tout en provoquant une avalanche de contestations juridiques et de réactions négatives, diminuant ainsi les perspectives de transformation d’un cadre politique national préemptif en loi fédérale.
Contexte des législations étatiques
Les États développent actuellement des législations pour traiter les risques liés à l’IA, tels que la sécurité des enfants, la santé mentale, les préoccupations économiques et énergétiques. À plusieurs reprises, des responsables ont tenté d’imposer un moratoire conditionnant l’accès aux fonds fédéraux à l’absence de lois sur l’IA des États, mais ces efforts ont échoué.
Une histoire de tentatives échouées
Les tentatives de restreindre la législation étatique sur l’IA ont pris plusieurs formes. Par exemple, le sénateur Ted Cruz (R-TX) avait proposé d’ajouter un moratoire de 10 ans à un projet de loi de l’administration Trump, mais cela n’a pas été adopté par le Sénat après les critiques des législateurs et groupes de protection des consommateurs.
Fractures au sein de la coalition républicaine
Les efforts pour bloquer les lois étatiques sur l’IA révèlent une division au sein du Parti républicain. Certains membres, préoccupés par la sécurité des enfants ou les droits des États, hésitent à annuler complètement la capacité des États à réguler cette technologie.
Les limites du leadership fédéral
Bien que l’administration Trump prétende que l’OE établira un leadership fédéral dans la régulation de l’IA, l’absence de lois fédérales permet aux États de développer des mécanismes de gouvernance efficaces qui pourraient stimuler l’innovation.
Les risques politiques de la préemption
Limiter la capacité des États à réguler l’IA pourrait avoir des conséquences politiques coûteuses. Les sondages montrent que les citoyens américains, de tous bords politiques, soutiennent la régulation de l’IA et s’opposent à son interdiction. Si les citoyens perçoivent que l’administration avance sans établir les garde-fous nécessaires, cela pourrait nuire à l’adoption de l’IA et à ses bénéfices potentiels.
En somme, la question demeure : jusqu’où l’administration est-elle prête à aller pour imposer sa volonté sur l’IA ?
