AI sans garde-fous éthiques solides pourrait marginaliser les travailleurs
L’intelligence artificielle (IA) risque de marginaliser les travailleurs et d’approfondir les inégalités sociales à moins que son adoption rapide ne soit guidée par des normes éthiques solides qui mettent les personnes au centre, avertit l’Archidiocèse de Malte.
Position de l’Archidiocèse
Dans un document de position intitulé Adoption éthique de l’IA : la position de l’Archidiocèse de Malte, l’Église appelle les décideurs à garantir que le changement entraîné par l’IA ne remplace pas les personnes ni ne laisse derrière les communautés vulnérables. L’argument avancé est que l’IA « révolutionnera pratiquement tous les aspects du travail et de l’économie ».
Impact de l’IA sur la société
Le document, rédigé par le Père Jean Gové, met l’accent sur l’impact de l’IA dans les domaines de l’éducation, de l’économie et de la culture. Il exhorte l’État à introduire des incitations pour les entreprises afin de former et de redéployer les employés affectés par l’automatisation.
« Bien que nous saluions les efforts de l’État jusqu’à présent, nous appelons à des normes éthiques plus strictes et à des efforts de sensibilisation pour protéger la société, car l’éthique garantira finalement que l’IA est un outil de confiance », a déclaré le Père Gové.
Décision humaine au centre
L’Archidiocèse souligne que la prise de décision dans des domaines qui affectent directement la vie humaine doit toujours rester entre les mains humaines, mettant en garde contre une surdépendance aux systèmes numériques. « La prise de décision doit toujours être laissée à la personne humaine », indique le document.
Il est également essentiel de préserver l’accès non numérique aux services essentiels pour protéger ceux qui risquent l’exclusion.
Valeur intrinsèque du travail humain
Bien que l’Église reconnaisse le potentiel de l’IA à améliorer l’efficacité, la sécurité et l’innovation, elle souligne la valeur intrinsèque du travail humain et la nature irremplaçable des relations humaines, en particulier dans les domaines de la santé, de l’éducation et du travail pastoral.
Risques et promesses dans l’éducation
Le document note que la capacité de l’IA à améliorer la créativité et la résolution de problèmes dépend entièrement des intentions de ceux qui l’utilisent. Il met en garde que les abus pourraient « diminuer notre autonomie et notre responsabilité et affaiblir les dimensions relationnelles et éthiques de la vie humaine ».
Dans le domaine de l’éducation, il appelle à la vigilance, mettant en garde contre l’utilisation des systèmes d’IA pour « exploiter les étudiants par le biais du profilage » et insiste sur le fait que la compréhension humaine, le discernement moral et le soin doivent rester centraux dans la formation.
Renforcement des capacités numériques
Parallèlement à ses recommandations politiques, l’Archidiocèse renforce sa propre capacité à l’ère numérique en lançant des formations sur l’éthique et la littératie de l’IA pour les prêtres, les travailleurs pastoraux, les éducateurs, les travailleurs sociaux et les professionnels de la santé. Plus de 1 500 éducateurs ont déjà bénéficié de formations sur la littératie de l’IA dans les écoles de l’Église, indépendantes et publiques.
Conclusion : L’humain au centre de la technologie
Lors du lancement, l’Évêque auxiliaire Joseph Galea Curmi a souligné que la société ne doit jamais perdre de vue la dimension humaine du changement technologique. « La technologie est un outil ; la personne humaine est le sujet », a-t-il déclaré, incitant les décideurs et le public à veiller à ce que l’IA serve la dignité humaine et le bien commun.
L’Archidiocèse est prêt à collaborer avec le gouvernement, les entreprises, les éducateurs et la société civile pour garantir que les bénéfices de l’IA, y compris l’augmentation de la productivité, soient partagés équitablement et restent sous la supervision humaine.
