Modifications de la Loi sur l’IA : Que propose l’Omnibus Numérique pour la Loi sur l’IA de l’UE ?
La Commission européenne a présenté un certain nombre d’amendements proposés à la Loi sur l’IA de l’UE afin d’assurer une mise en œuvre “opportune, fluide et proportionnée” de ses dispositions. Ces propositions sont détaillées dans l’Omnibus Numérique sur l’IA publié le 19 novembre, qui fait partie du package de simplification plus large de l’Omnibus numérique.
Amendements clés proposés à la Loi sur l’IA de l’UE
Les changements principaux dans les propositions incluent :
- Report de la date limite de conformité pour les obligations liées à l’IA à haut risque : Ces obligations sont parmi les plus lourdes de la Loi et il y a eu un intense lobbying pour retarder leur introduction. Les propositions suggèrent un retard lié à la disponibilité de mesures de soutien (comme les normes harmonisées, qui aideraient à la conformité).
- Période de grâce pour certaines exigences de transparence : Les règles de transparence de la Loi devaient s’appliquer à partir du 2 août 2026. Selon les propositions de l’Omnibus, les fournisseurs de systèmes d’IA mis sur le marché avant cette date bénéficieront d’une période de grâce de 6 mois (c’est-à-dire jusqu’au 2 février 2027) pour se conformer à leur obligation de rendre le contenu audio, image, vidéo ou texte généré par IA lisible par machine et détectable comme étant artificiellement généré ou manipulé.
- Suppression des exigences de littératie en IA pour les fournisseurs et déployeurs : Les propositions suppriment l’obligation pour les fournisseurs et déployeurs de prendre des mesures pour garantir que leur personnel dispose de niveaux suffisants de littératie en IA. À la place, la Commission et les États membres ont la responsabilité d’encourager la littératie en IA.
- Renforcement des pouvoirs du Bureau européen de l’IA : Le Bureau de l’IA sera responsable de la supervision et de l’application des règles, sous réserve de certaines exceptions liées à des secteurs spécifiques.
- Simplification supplémentaire : D’autres changements proposés visent à alléger la charge réglementaire pour les PME, simplifier les évaluations de conformité de la Loi et renforcer l’utilisation des zones de régulation.
Prochaines étapes
Ces propositions entreront maintenant dans une phase de consultation et nécessiteront l’approbation du Parlement européen et du Conseil. Le processus législatif est susceptible d’être difficile et très scruté, surtout en raison des modifications proposées à la loi sur la protection des données, qui ont suscité des controverses.
Bien que ces changements soient accueillis favorablement comme une simplification d’un régime très complexe, ils amplifient l’incertitude pour de nombreuses entreprises qui cherchent à évaluer ce que la Loi exige d’elles. Les organisations touchées par la Loi devront probablement commencer ou continuer à prendre des décisions sur une base raisonnable et défendable, sans clarté parfaite sur la nature, la portée et le calendrier des obligations de la Loi.
