À mesure que l’IA avance, la loi peut-elle suivre ?
L’intelligence artificielle (IA) progresse rapidement, mais le cadre juridique tarde à suivre le rythme. Des experts se réunissent à Auckland pour envisager des mesures de protection.
Un cadre juridique en retard
Comment les cadres juridiques existants et émergents peuvent-ils réglementer l’IA sans brider l’innovation ? C’est la question centrale d’une conférence sur la réglementation de l’IA, la gouvernance et l’approvisionnement public qui se tiendra à l’Université d’Auckland en avril.
La première Conférence sur le droit, la technologie et le gouvernement rassemblera des chercheurs juridiques internationaux, des juges et des praticiens pour examiner l’état actuel de la gouvernance et de la réglementation de l’IA.
Une nécessité urgente
Organisée par le Centre pour l’avancement du droit et de la technologie de manière responsable (ALTeR), cet événement se déroule à une époque où les gouvernements du monde entier adoptent rapidement l’IA, tandis que les cadres juridiques nécessaires à son utilisation prennent du retard.
Les organisateurs, le professeur Alexandra Andhov et la professeure associée Marta Andhov, soulignent que la profession juridique ne peut pas se permettre de considérer la gouvernance de l’IA comme un problème extérieur.
« Les gouvernements achètent des systèmes d’IA plus rapidement qu’ils ne construisent les cadres pour les gouverner, » déclare Alexandra Andhov. « Cette conférence vise à réduire cette distance, en rassemblant l’expertise juridique, politique et technique nécessaire pour transformer les principes en pratique. »
Conférences et discussions
Dans le cadre de la conférence, Alexandra Andhov présentera sa conférence inaugurale, examinant le pouvoir croissant des grandes entreprises technologiques et les défis qu’elles posent aux régulateurs.
« Je suis intéressée par ce qui se passe lorsque ‘trop gros pour échouer’ rencontre ‘trop puissant pour être régulé’, » a-t-elle déclaré.
La conférence accueillera également des fournisseurs de technologies juridiques qui démontreront leurs derniers outils améliorés par l’IA et participeront à une discussion sur des sujets souvent négligés, tels que les vulnérabilités de sécurité, les préoccupations de fiabilité et les implications en matière de confidentialité.
Réflexions sur l’avenir de la réglementation
Des chercheurs de la région Asie-Pacifique examineront si les principes juridiques établis, tels que l’équité et le droit internet, peuvent efficacement gouverner les technologies émergentes, ou si de nouvelles approches réglementaires sont nécessaires.
Ken Singer, directeur du Centre pour l’entrepreneuriat de l’UC Berkeley, partagera des idées de la Silicon Valley avant de rejoindre les leaders de l’innovation et du droit de la Nouvelle-Zélande pour discuter de la manière dont la loi peut soutenir l’innovation.
Aux côtés d’entrepreneurs et d’investisseurs locaux, Singer explorera comment l’infrastructure juridique peut être un avantage concurrentiel plutôt qu’une barrière, et comment la Nouvelle-Zélande peut créer des cadres qui favorisent plutôt que freinent l’avancement technologique.
Protéger les plus vulnérables
Une conversation informelle entre le Commissaire en chef des droits de l’homme, Dr Stephen Rainbow, et l’entrepreneur Bowen Pan, qui a dirigé l’équipe ayant construit Facebook Marketplace, examinera la tension entre la prudence gouvernementale et la rapidité du changement technologique.
Parallèlement, un panel co-organisé avec Netsafe explorera les récents développements en matière de politique de sécurité en ligne en Aotearoa, en mettant l’accent sur la protection de tous, en particulier des plus vulnérables, dans un environnement numérique amplifié par l’IA.
Conclusion
Alors que les gouvernements s’empressent d’acheter des systèmes d’IA, souvent sans les cadres nécessaires pour les acquérir de manière responsable ou les réguler correctement, cette conférence réunira l’expertise juridique, politique et technique nécessaire pour passer des principes à la pratique.
