Enquête de l’UE sur X de Musk concernant les images sexualisées de Grok

Enquête de l’UE sur X de Musk concernant les images sexualisées de Grok après un tollé public

BRUXELLES, le 26 janvier – La plateforme X d’Elon Musk fait l’objet d’une enquête par l’Union européenne sur la diffusion de contenu illégal, suite à un tollé public concernant la propagation d’images sexualisées manipulées par son chatbot d’intelligence artificielle, Grok.

Contexte de l’enquête

La Commission européenne, organe exécutif du bloc de 27 pays, a annoncé qu’elle examinerait si la plateforme de médias sociaux X protégeait les consommateurs en évaluant et en atténuant correctement les risques liés aux fonctionnalités de Grok.

Cette enquête intervient deux semaines après que l’autorité britannique de régulation des médias, Ofcom, ait lancé sa propre investigation, et après que des pays comme l’Indonésie, les Philippines et la Malaisie aient temporairement bloqué le chatbot.

Réactions et déclarations

La Commission a déclaré plus tôt ce mois-ci que les images générées par l’IA représentant des femmes et des enfants dénudés partagées sur X étaient illégales et révoltantes. Le responsable technologique de l’UE, Henna Virkkunen, a affirmé que les deepfakes sexuels non consensuels constituaient une forme de dégradation inacceptable.

Mesures prises par X

X a évoqué un communiqué du 14 janvier dans lequel il a indiqué que son propriétaire, xAI, avait restreint l’édition d’images pour les utilisateurs de Grok et bloqué certains utilisateurs, selon leur localisation, de générer des images de personnes en tenue révélatrice dans des juridictions où cela est illégal.

Les Philippines et la Malaisie ont rétabli l’accès à Grok après que xAI ait installé des mesures de sécurité supplémentaires.

Implications légales

La décision de la Commission s’inscrit dans le cadre de la Loi sur les Services Numériques de l’UE, qui impose aux grandes entreprises technologiques d’agir davantage pour lutter contre le contenu illégal et nuisible en ligne. Les entreprises risquent des amendes allant jusqu’à 6% de leur chiffre d’affaires annuel mondial en cas de violations de la DSA.

Bien que les changements apportés par xAI aient été bien accueillis, ils ne résolvent pas tous les problèmes, selon un haut responsable de l’exécutif. La Commission estime que X n’a pas effectué une évaluation ad hoc lors du déploiement des fonctionnalités de Grok en Europe.

Conséquences politiques

L’enquête risque de contrarier l’administration du président Donald Trump, car une répression de l’UE sur les grandes entreprises technologiques a déjà suscité des critiques et même la menace de tarifs douaniers américains.

La législatrice européenne Regina Doherty a souligné que cette affaire révélait des faiblesses plus larges dans la régulation et l’application des technologies de l’IA. Elle a ajouté que la Loi sur l’IA doit rester un texte législatif vivant, et que des lacunes dans l’application doivent être corrigées rapidement.

Enquête élargie

Les régulateurs européens ont également prolongé une enquête sur X, ouverte en décembre 2023, pour déterminer si la société a correctement évalué et atténué tous les risques systémiques liés à ses systèmes de recommandation, y compris l’impact de son récent changement vers un système basé sur Grok.

X, qui a été condamné à une amende de 150 millions d’euros en décembre pour avoir enfreint ses obligations de transparence selon la DSA, pourrait faire face à des mesures intérimaires en l’absence d’ajustements significatifs à son service.

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