Une campagne publicitaire de 8 millions de dollars contre l’IA
Une campagne publicitaire d’une valeur de 8 millions de dollars a été lancée aux États-Unis par des groupes d’activistes cherchant à limiter le pouvoir croissant des entreprises technologiques et à soutenir la réglementation de l’intelligence artificielle (IA).
Protect What’s Human
Intitulée Protect What’s Human, cette campagne est financée par le Future of Life Institute, une organisation à but non lucratif qui se décrit comme promouvant l’idée de diriger la technologie transformative vers un bénéfice pour la vie et loin des risques extrêmes.
Dans l’une des publicités de 60 secondes, un narrateur pose la question : « La prochaine génération d’Américains grandira-t-elle avec les amis, mentors, enseignants et entraîneurs qui ont façonné notre vie ? » Il souligne que les machines ne peuvent pas élever des enfants et que « nous devrions avoir notre mot à dire » dans l’avenir de l’IA.
Les enjeux humains
Une autre publicité affirme que « nos mains ont construit l’Amérique », ajoutant que « l’intelligence la plus importante est humaine ». Un texte de conclusion exhorte à « protéger ce qui est humain, réglementer l’IA ».
Parmi les soutiens de cette campagne, on trouve Megan Garcia, qui a poursuivi Google et Character.ai après que son fils s’est suicidé suite à des conversations prolongées avec un chatbot IA. Bien que les poursuites aient été réglées hors cour, des incidents similaires sont devenus plus fréquents avec la prolifération des outils d’IA.
Appels à la responsabilité
Avant de prendre un rôle proéminent dans cette campagne, Mme Garcia a témoigné devant le Congrès, appelant à une plus grande responsabilité dans le secteur technologique. Elle a même eu une audience avec le Pape Léon XIV.
Fin de l’année dernière, le Future of Life Institute a fait la une des journaux en rassemblant des centaines de politiciens, d’experts technologiques, de dirigeants d’entreprises et de célébrités pour signer une pétition appelant à l’interdiction du développement de l’IA superintelligente.
La superintelligence et ses dangers
La superintelligence désigne la capacité hypothétique de la technologie à réaliser des fonctions cognitives avancées et à développer des compétences de raisonnement qui surpasseraient celles des humains. Des personnalités comme Richard Branson, Susan Rice (ancienne conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama), Glenn Beck et Joseph Gordon-Levitt ont également signé la pétition.
Une inquiétude grandissante
La campagne publicitaire du Future of Life intervient à un moment où les sondages montrent une augmentation de l’anxiété aux États-Unis concernant l’IA. Les craintes sont liées à des problèmes comme le risque de déplacements d’emplois et la crainte que les outils d’IA tombent entre de mauvaises mains.
Récemment, un mouvement bipartisan a émergé pour renforcer la surveillance réglementaire de l’IA. Des figures comme Gordon-Levitt ont exprimé leur mécontentement face à la manière dont les entreprises technologiques gèrent les contenus publiés par leurs utilisateurs.
Une vision pro-humaine
Les organisateurs de la campagne insistent sur le fait que leur vision n’est pas anti-technologie. « C’est pro-humain », ont-ils déclaré. « Nous croyons en progrès et en innovation, mais pas au détriment de notre dignité, de nos communautés ou de nos familles. »
