Gouvernance intelligente : L’essor des systèmes réglementaires alimentés par l’IA aux Émirats Arabes Unis

AI-powered Governance : Le saut des Émirats Arabes Unis vers un système réglementaire vivant

Lors du 56e Forum Économique Mondial à Davos, les Émirats Arabes Unis ont lancé un document blanc révolutionnaire intitulé « Les Émirats : Façonner l’avenir de l’intelligence réglementaire, d’un manuel statique à un écosystème réglementaire vivant alimenté par l’IA ». Ce document, dirigé par le Secrétariat Général du Cabinet, en partenariat avec Presight (G42) et PwC, reflète l’engagement des Émirats à adopter des modèles réglementaires innovants qui anticipent l’avenir.

Une vision conceptuelle pour une législation intelligente

Ce document n’est pas un « plan d’implémentation technique », mais une référence conceptuelle qui décrit l’état final de la législation à l’ère de l’intelligence. Il aborde des principes de conception, des structures institutionnelles et une logique opérationnelle qui guideront la future législation, les modèles opérationnels et les investissements technologiques dans l’intelligence réglementaire.

Il couvre non seulement la législation, mais également les régulations exécutives, les politiques publiques, les mécanismes de conformité et de gouvernance, ainsi que l’interaction dynamique entre les autorités réglementaires et la technologie.

Le défi du cycle réglementaire

La pression mondiale sur les gouvernements ne se limite plus à « adopter de nouvelles lois », mais s’étend à la nécessité d’adopter des lois plus rapidement et de manière cohérente face aux changements technologiques, économiques et sociétaux rapides. Ici, le problème des systèmes traditionnels émerge : la tendance à « réguler et oublier ».

Le document souligne qu’il est nécessaire d’intégrer les données, l’IA et la gouvernance tout au long du cycle réglementaire pour garantir une pertinence continue face au changement constant.

Intelligence réglementaire

Les Émirats Arabes Unis présentent une vision complète considérant l’intelligence réglementaire comme une pratique institutionnelle, combinant :

  • Données réglementaires de haute qualité
  • Modélisation numérique des règles et obligations
  • Prise de décision soutenue par l’IA
  • Gouvernance rigoureuse qui maintient le rôle central de l’humain

Le but est de passer de systèmes statiques à un écosystème flexible qui s’adapte continuellement aux exigences de l’ère des données et de la technologie.

Le Jumeau Numérique Réglementaire Unifié (URDT)

Une des caractéristiques distinctives du document est le concept d’URDT, un jumeau numérique vivant du système réglementaire. Il agit comme un « miroir virtuel en temps réel » qui intègre les lois et régulations du pays, permettant une interaction dynamique continue.

Pratiquement, cela permet aux administrateurs réglementaires, législateurs ou décideurs de :

  • Exécuter des scénarios « et si » pour identifier les textes les plus pertinents
  • Étudier les interactions entre les règles existantes et les modifications proposées
  • Détecter les lacunes, conflits ou redondances réglementaires

Gouvernance souveraine dans le cycle décisionnel

Le document introduit le cadre de Souverain Governance-in-the-Loop (SGiL) pour s’assurer que l’IA agit comme une assistante et non comme un remplacement pour les législateurs. Cela introduit des exigences opérationnelles claires telles que des autorités basées sur les rôles, des mécanismes de contrôle et de protection de la vie privée.

Évolution du système et contrôle

Le document propose également le concept de la Regulatory Intelligence Innovation Loop pour garantir que les applications d’IA ne soient pas mises en œuvre publiquement sans tests ou révisions préalables.

Implications pour les entreprises et les professions juridiques

Si ce modèle de système vivant est réalisé, les règles commerciales pourraient changer à un rythme plus rapide, nécessitant aux entreprises de renforcer leur réactivité réglementaire et leur gouvernance des données.

Pour les avocats, cela signifie un passage de l’interprétation des textes à la participation à la conception de la cohérence et au pré-test des impacts.

Un modèle global de l’intelligence réglementaire

Ce document ne présente pas seulement un modèle local, mais propose un dictionnaire partagé pour établir un « langage de travail » entre législation et technologie. L’intelligence réglementaire devient ainsi un avantage souverain, englobant la souveraineté sur les données et les mécanismes de prise de décision publique.

Au cœur du message du document se trouve l’idée que la réglementation n’est plus un « texte statique », mais un système d’apprentissage adaptatif. Ce système utilise l’IA pour soutenir la prise de décision tout en protégeant la souveraineté et la responsabilité.

La question se pose : l’intelligence réglementaire deviendra-t-elle une condition décisive pour la compétitivité nationale et la confiance du public dans la décennie à venir ?

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