La Loi TRAIN : Vers une Transparence dans les Pratiques de Formation de l’IA Générative
Les représentants Madeleine Dean (D-PA) et Nathaniel Moran (R-TX) ont introduit un projet de loi bipartisan intitulé Transparency and Responsibility for Artificial Intelligence Networks (TRAIN) à la Chambre des représentants des États-Unis. L’objectif législatif est de fournir un mécanisme permettant aux musiciens, artistes, écrivains et autres créateurs de déterminer si leurs œuvres protégées par le droit d’auteur ont été utilisées pour former des modèles d’intelligence artificielle générative sans leur permission, et, le cas échéant, de poursuivre une compensation pour cette utilisation.
Un groupe bipartisan de sénateurs a également réintroduit la loi TRAIN au Sénat des États-Unis.
Mécanisme légal proposé
La législation proposée créerait un nouveau mécanisme juridique permettant aux propriétaires de droits d’auteur d’utiliser le pouvoir de subpoena des tribunaux fédéraux pour obtenir des informations sur les matériaux utilisés pour former des modèles d’IA générative. La loi établirait la première définition statutaire fédérale de « modèles d’IA générative ».
Un modèle d’IA générative serait défini comme un modèle d’IA qui « imite la structure et les caractéristiques des données d’entrée afin de générer un contenu synthétique dérivé », y compris des images, des vidéos, des audios, des textes et d’autres contenus numériques, ainsi que toute variation ultérieure de ce modèle.
Droits des propriétaires de droits d’auteur
Dans le cadre du cadre proposé, un propriétaire d’une ou plusieurs œuvres protégées par le droit d’auteur aurait le droit de demander un subpoena obligeant un développeur d’IA générative à produire des copies ou des dossiers suffisamment identifiables des œuvres protégées (ou de portions de celles-ci) qui ont été utilisées pour former le modèle du développeur.
Pour obtenir un subpoena, le propriétaire des droits d’auteur soumettrait une demande au greffier d’un tribunal de district des États-Unis, incluant un subpoena proposé et une déclaration sous serment attestant de sa bonne foi subjective croyant que le développeur a utilisé tout ou une partie de ses œuvres protégées pour former son modèle d’IA générative.
La déclaration attesterait également que le but du subpoena est d’obtenir les matériaux protégés par les droits d’auteur ou des dossiers permettant d’identifier suffisamment les matériaux utilisés pour former le modèle, et que les copies ou dossiers demandés seraient utilisés uniquement pour protéger les droits du propriétaire.
Obligations de transparence et sanctions
Une fois qu’un subpoena est émis et signifié conformément aux Règles Fédérales de Procédure Civile, le développeur serait tenu de « divulguer rapidement » les copies ou dossiers demandés au propriétaire des droits d’auteur ou à un représentant autorisé.
La loi TRAIN inclut également deux dispositions d’application. Premièrement, si un développeur ne se conforme pas à un subpoena, le tribunal peut appliquer une présomption réfutable selon laquelle le développeur a effectivement utilisé les œuvres protégées pour former son modèle. Deuxièmement, si un propriétaire de droits d’auteur demande un subpoena de mauvaise foi, le destinataire peut poursuivre des sanctions en vertu de la Règle 11 des Règles Fédérales de Procédure Civile.
Conclusion
Si elle est adoptée, la loi TRAIN élargirait considérablement les obligations de transparence pour les développeurs de modèles d’IA générative et fournirait aux propriétaires de droits d’auteur un nouvel outil pour enquêter sur les utilisations non autorisées potentielles de leurs œuvres.
