Confiance excessive des entreprises britanniques face à l’Acte sur l’IA de l’UE

Les entreprises britanniques trop confiantes sur l’Acte de l’IA de l’UE alors que les amendes augmentent

Les entreprises du Royaume-Uni affichent la plus grande confiance quant à leur préparation pour l’Acte de l’IA de l’UE, mais elles font face à plus d’amendes et de perturbations contractuelles que leurs homologues en Allemagne et en France, selon une nouvelle étude.

Préparation et conformité

L’étude, commandée par la société de logiciels Conga, met en évidence des écarts entre la préparation auto-évaluée et les résultats de conformité réels. Elle souligne que les systèmes de cotation et de contractualisation représentent une source de risque croissante.

Les résultats surviennent alors que les institutions de l’UE débattent des changements à apporter au calendrier de mise en œuvre de l’Acte de l’IA. Les législateurs envisagent d’accorder plus de temps pour les systèmes à haut risque, y compris certains qui soutiennent la tarification et la contractualisation.

Confiance des dirigeants britanniques

Selon un sondage mené auprès de 1 501 décideurs dans les fonctions des opérations de revenus, des ventes et juridiques, 89 % des dirigeants d’entreprises britanniques estiment que leurs organisations sont prêtes pour l’Acte de l’IA de l’UE. Ce chiffre est de 82 % en Allemagne et de 68 % en France.

Cependant, 30 % des répondants britanniques ont signalé des amendes ou des pénalités liées aux changements réglementaires ou tarifaires au cours de l’année passée, la plus forte proportion parmi les trois marchés. De plus, 40 % des dirigeants britanniques ont déclaré que leur organisation avait renégocié des contrats en raison de pressions réglementaires ou tarifaires.

Investissements en conformité

Les entreprises britanniques rapportent des investissements plus importants dans le personnel de conformité que leurs homologues continentaux. Environ 44 % des dirigeants britanniques ont déclaré avoir élargi leur personnel de conformité, comparé à 38 % en Allemagne et 31 % en France.

Près d’un dirigeant britannique sur cinq, soit 18 %, a indiqué qu’il ne savait pas si l’IA était déjà intégrée dans ses systèmes de contrats et de cotation, mettant en lumière une visibilité limitée sur les outils qui influent directement sur les flux de revenus.

Responsabilité de la conformité

Seulement 19 % des répondants britanniques ont déclaré que la responsabilité de la conformité était partagée entre les équipes juridiques, commerciales et de revenus. La plupart des entreprises concentrent encore cette responsabilité dans une seule fonction ou la maintiennent fragmentée.

Conséquences de l’Acte de l’IA de l’UE

L’Acte de l’IA de l’UE s’appliquera aux entreprises britanniques opérant au sein du bloc ou signant des contrats avec des clients et partenaires basés dans l’UE. Il touchera également les entreprises déployant des systèmes qualifiés à l’intérieur de leurs opérations, même si ces systèmes fonctionnent en dehors de l’UE.

Les plateformes de cotation et de contractualisation sont considérées comme des systèmes à haut risque dans de nombreux cas d’utilisation sous la réglementation. Ces systèmes devront respecter des normes strictes en matière de transparence, d’auditabilité et de supervision humaine.

Outils de cotation sous surveillance

L’étude met particulièrement l’accent sur les outils de configuration, de tarification, de cotation et de cycle de vie des contrats. Ces plateformes appliquent souvent des modèles d’IA pour proposer des prix, rédiger des documents ou identifier des risques.

Le SVP EMEA de Conga a déclaré : “Il y a une grande différence entre dire que vous êtes prêt et être réellement prêt.” Même avec les discussions en cours sur des ajustements possibles au calendrier de l’Acte de l’IA de l’UE, les fondamentaux ne changent pas. Trop d’organisations considèrent encore la cotation et la contractualisation comme une administration de fond, alors qu’en réalité, elles décident comment les revenus sont générés, comment les chaînes d’approvisionnement sont gérées et où se situe l’exposition réglementaire.

Gouvernance et risques associés

De nombreuses entreprises intègrent désormais des outils d’IA dans leurs flux de travail de vente et de contractualisation. Ces outils peuvent générer des propositions, évaluer des contreparties et suggérer des termes commerciaux.

Un responsable juridique senior chez Conga a souligné : “L’intégration de l’IA dans les systèmes et opérations commerciales peut accélérer l’efficacité, mais sans supervision et auditabilité, cela introduit de nouveaux risques.”

Les entreprises doivent veiller à ce que les résultats de l’IA soient explicables, précis et conformes à des réglementations telles que l’Acte de l’IA de l’UE.

En conclusion, l’Acte de l’IA de l’UE impose des exigences de gouvernance, de documentation et de surveillance sur les systèmes à haut risque. Les fournisseurs et les utilisateurs devront tenir des dossiers clairs sur le comportement des modèles et la logique des décisions.

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