Mon parcours de la biologie marine à la gouvernance de l’IA dans un cabinet d’avocats mondial
Au cours des dernières années, l’intelligence artificielle (IA) est passée d’un mot à la mode à une réalité quotidienne dans la pratique juridique. Peu de cabinets ont embrassé ce changement aussi délibérément que Simmons & Simmons. Avec le lancement récent d’un stage dédié à l’IA, le cabinet construit l’infrastructure et l’état d’esprit nécessaires pour intégrer l’IA dans le travail juridique de manière pratique et responsable.
Le parcours d’un partenaire
Un partenaire et responsable de la gouvernance de l’IA chez Simmons & Simmons a commencé sa carrière comme biologiste marin avant de servir comme officier d’infanterie dans l’armée britannique. Cette expérience a éveillé son intérêt pour l’état de droit, le menant à se reconvertir en solicitor. Après plusieurs expériences positives dans divers cabinets, il a cofondé Wavelength, une entreprise d’ingénierie juridique acquise par Simmons & Simmons en 2019.
Une approche novatrice de l’IA
Lee explique que l’engagement du cabinet envers l’IA n’a pas commencé avec l’explosion récente des outils génératifs. Grâce à Wavelength, le cabinet a travaillé avec des technologies d’IA pendant plusieurs années, initialement à travers l’apprentissage automatique. Dans les trois dernières années, l’IA générative est devenue courante, et l’IA agentique commence à avoir un impact significatif.
Cette tension entre opportunité et responsabilité sous-tend une grande partie de la stratégie de l’IA chez Simmons & Simmons. Un pilier central est la gouvernance de l’IA, qui aide les organisations à s’assurer que leur utilisation de l’IA est conforme aux obligations légales, aux valeurs internes et aux principes éthiques plus larges.
Un environnement contrôlé pour l’expérimentation
Le cabinet vise à créer un environnement contrôlé où les avocats peuvent expérimenter des outils d’IA tout en comprenant leurs limites. Un exemple phare est Percy, la plateforme d’IA de l’entreprise, conçue spécifiquement pour le travail du cabinet et accessible à tous. L’objectif est de « normaliser l’utilisation de l’IA tout en sensibilisant aux risques ». Une préoccupation majeure est l’impact de l’IA générative sur la capacité d’un avocat à penser de manière critique si les résultats sont acceptés sans remise en question.
Former la prochaine génération d’avocats
Le stage en droit de l’IA chez Simmons & Simmons, qui accueillera sa première cohorte en avril, vise à donner aux étudiants une exposition pratique à l’utilisation de l’IA dans la pratique juridique. Les stagiaires passeront par trois domaines : l’équipe de droit de l’IA, l’équipe d’IA appliquée (Wavelength) et la pratique de la gouvernance de l’IA. Ils travailleront directement avec des outils tels que Percy et Microsoft Copilot, examineront les défis juridiques et commerciaux auxquels les clients sont confrontés, et réaliseront un exercice pratique axé sur les applications de l’IA.
Augmenter le travail juridique avec l’IA
Le rôle de l’IA au sein du cabinet est étroitement lié au concept d’ingénierie juridique, qui cherche à combler le fossé entre la technologie, les données et l’expertise juridique. Plutôt que de considérer l’IA comme un remplacement des avocats, l’accent est mis sur l’augmentation : « utiliser la technologie pour améliorer la manière dont le travail juridique est effectué », selon Lee.
Un exemple pratique a eu lieu lors d’une médiation où l’équipe de contentieux devait traiter un volume énorme de témoignages dans un délai très court. Au lieu que les avocats lisent chaque déclaration, des scientifiques des données ont été sollicités pour construire un algorithme capable de scanner chaque phrase. Cet outil a permis d’identifier les anomalies et les différences entre les témoins, aidant ainsi les avocats à se concentrer sur les incohérences les plus significatives.
Les défis et l’avenir de l’IA dans le droit
Malgré l’enthousiasme entourant l’IA, Lee est franc sur les risques qu’elle pose à la profession. Il souligne le danger de l’érosion de la pensée critique à mesure que le rythme de travail s’accélère et que les résultats générés par l’IA deviennent plus courants. Cela soulève des questions plus larges sur les manières fondamentales dont les cabinets d’avocats opèrent.
Pour les étudiants et futurs stagiaires, le message est clair : l’IA n’est pas quelque chose à ignorer ou à craindre, mais il est essentiel d’y réfléchir. Le conseil de Lee est de « rester critique et curieux » tout en continuant à pratiquer les compétences fondamentales qui sous-tendent le travail juridique.
