Bulgarie et l’absence de réglementation sur les systèmes d’IA à haut risque
Le Ministère de la Gouvernance Électronique, désigné comme l’agence principale pour la mise en œuvre de la Loi sur l’Intelligence Artificielle (AI Act) en Bulgarie, est actuellement en phase préparatoire de développement du cadre national. À ce jour, aucune décision finale n’a été prise concernant le modèle de coordination, la supervision des systèmes à haut risque, et les règles de mise en œuvre nationale.
Situation actuelle de la mise en œuvre
Le Conseil des Affaires Européennes a confié au Ministère de l’Économie et de l’Énergie le rôle principal dans la mise en œuvre de la réglementation. Cependant, jusqu’à présent, les actions se sont concentrées principalement sur la rédaction de décisions du Conseil des Ministres, les consultations avec d’autres administrations, et la participation à des formats de coordination européens.
Protection des droits fondamentaux
En tant que principale tâche accomplie, le Ministère de la Gouvernance Électronique a rapporté l’adoption de la Décision N° 398 du Conseil des Ministres du 18 juin 2025, qui désigne sept organes compétents pour la protection des droits fondamentaux, y compris le droit à la non-discrimination. Ces organes comprennent :
- Le Médiateur National
- La Commission Centrale des Élections (CEC)
- La Commission pour la Protection contre la Discrimination (CPD)
- La Commission pour la Protection des Données Personnelles (CPDP)
- La Commission pour la Protection des Consommateurs (CCP)
- L’Agence d’État pour la Protection de l’Enfant (SACP)
- L’Agence Exécutive de l’Inspection du Travail Général
Cependant, cette étape couvre un segment limité de l’application de la Loi sur l’Intelligence Artificielle et ne résout pas les questions liées à la supervision des systèmes d’IA à haut risque, au régime de sanctions, et à l’application pratique de la réglementation au niveau national.
Autorité de notification et supervision du marché
Le Ministère de la Gouvernance Électronique a élaboré un projet de décision du Conseil des Ministres pour désigner une autorité nationale de notification sous la Loi sur l’IA, fonction devant être attribuée à l’Agence Exécutive de la Certification Bulgare. Cependant, ce projet n’a pas encore été soumis au Conseil des Ministres pour examen et adoption.
La situation est similaire pour la supervision du marché des systèmes d’IA à haut risque. Le Ministère indique avoir tenu des consultations et préparé un projet de décision, mais la procédure de coordination interinstitutionnelle est toujours en attente. Les autorités responsables de la supervision et la distribution des pouvoirs ne sont pas encore déterminées.
Groupe de travail interinstitutionnel
Le groupe de travail interinstitutionnel clé, chargé de développer le cadre réglementaire national pour la mise en œuvre de la Loi sur l’IA, n’est pas encore opérationnel. Un ordre du Ministre de la Gouvernance Électronique pour sa formation devait être émis d’ici la fin de 2025.
La date limite pour développer le cadre réglementaire national est fixée à mars 2026. Cela signifie qu’au cours de la première période de mise en œuvre de la réglementation, la Bulgarie fonctionnera sans un cadre national complet, y compris concernant les sanctions, la coordination entre les institutions, et les spécificités du secteur public.
Absence de centre national de coordination
Interrogé sur la création d’un centre national de coordination pour l’intelligence artificielle, similaire à l’Bureau Européen de l’IA, le Ministère a déclaré qu’aucune telle décision n’avait été prise pour le moment. Le modèle de coordination doit être proposé par le futur groupe de travail, ce qui retarde encore la clarté sur l’architecture institutionnelle.
Défis et besoins futurs
Le Ministère souligne des défis clés tels que le manque de capacité d’expertise suffisante, la nécessité d’une infrastructure technique, et l’interaction institutionnelle complexe résultant de la nature horizontale de la Loi sur l’Intelligence Artificielle. Une analyse des besoins spécifiques de l’administration et des autorités compétentes sera réalisée une fois que leurs responsabilités auront été clairement définies dans le futur cadre réglementaire.
En conclusion, la mise en œuvre de la Loi sur l’Intelligence Artificielle en Bulgarie est principalement à un stade préparatoire, sans cadre national complet et sans responsabilités clairement définies pour la supervision des systèmes d’IA à haut risque. Cela implique que durant la première période de mise en œuvre, la Bulgarie devra s’appuyer sur des solutions temporaires et une coordination institutionnelle en cours de construction, avec une prévisibilité limitée pour les entreprises, l’administration et les autorités de contrôle.
