Le gouvernement Albanese abandonne le plan de conseil consultatif sur l’IA
Le gouvernement fédéral australien a confirmé qu’il ne mettra pas en place de conseil consultatif permanent sur l’IA, malgré une pression croissante en faveur d’une surveillance accrue de cette technologie.
Contexte et financement initial
Selon InnovationAus, des réponses récentes aux questions du Sénat indiquent que le Department of Industry, Science and Resources (DISR) ne créera pas l’organe consultatif sur l’IA annoncé et financé dans le budget fédéral 2024-2025. À l’époque, 21,6 millions de dollars avaient été réservés pour « établir et remodeler le National AI Centre (NAIC) et un organe consultatif sur l’IA ».
Objectifs initiaux de l’organe consultatif
L’organe était censé fournir des conseils indépendants provenant de la société civile, de l’industrie et du milieu académique sur les opportunités et les risques liés à l’IA. Dans une soumission à une enquête du Sénat l’année dernière, le DISR avait déclaré que ce mécanisme visait à s’appuyer sur le travail du AI Expert Group temporaire, établi début 2024 pour conseiller sur les mesures de sécurité obligatoires dans les contextes à haut risque. Ce groupe a depuis été dissous.
Réactions et changements de stratégie
En réponse aux questions du sénateur libéral Jane Hume, le DISR a déclaré que « les nominations à l’organe consultatif sur l’IA ne procéderont pas ». À la place, le département s’appuiera sur des « mécanismes existants et des consultations ciblées », ainsi que sur le nouvel Australian AI Safety Institute (AISI).
Un porte-parole du ministre de l’Industrie, Tim Ayres, a déclaré que la proposition avait été « remplacée par une approche plus dynamique et responsable », ajoutant que les ministres continueraient à engager un large éventail d’experts si nécessaire.
Le nouveau cadre de gouvernance de l’IA
L’AISI, qui devrait être financé par 29,9 millions de dollars dans le prochain Mid-Year Economic and Fiscal Outlook, sera intégré au DISR. Il fournira au gouvernement fédéral une capacité technique interne pour tester et évaluer les systèmes d’IA émergents. Contrairement à l’organe consultatif abandonné, il n’intégrera pas d’experts externes dans une structure permanente.
Critiques de la décision
Le ministre fantôme de l’Industrie et de l’Innovation, Alex Hawke, a critiqué cette décision. Selon lui, l’abandon de cet organe consultatif, qui était censé aider à connecter le gouvernement et les entreprises, est un coup dur pour la communauté d’affaires australienne. Hawke a souligné que l’IA représente une « opportunité économique trop importante pour l’Australie pour être négligée ».
Le sénateur indépendant David Pocock a également exprimé ses préoccupations, soulignant les « énormes risques potentiels » de laisser l’IA se développer sans une supervision adéquate.
Vers un avenir incertain
L’abandon du conseil consultatif s’inscrit dans le cadre d’une refonte plus large des paramètres de gouvernance de l’IA. Le National AI Plan a confirmé que l’Australie s’appuierait sur les cadres juridiques et réglementaires existants plutôt que d’introduire une nouvelle législation spécifique à l’IA.
Ce changement, qui fait suite à la conclusion du AI Expert Group temporaire, représente un pivot vers le développement de capacités techniques internes et un éloignement de la surveillance externe formalisée.
Ayres a annoncé que des détails supplémentaires concernant la structure de l’AISI seraient publiés au début de l’année prochaine.
