L’IA pourrait déclencher un effondrement du marché de l’emploi mondial d’ici 2027 si laissée sans contrôle
Les entreprises technologiques se précipitent vers un objectif d’intelligence artificielle générale (AGI), une technologie qui égalerait ou dépasserait les capacités cognitives humaines. Des dirigeants comme Dario Amodei, PDG d’Anthropic, et Elon Musk, PDG de Tesla, prédisent que l’intelligence artificielle de niveau humain pourrait arriver dès cette année.
Cependant, malgré l’optimisme des leaders d’entreprise, les experts en IA mettent en garde contre des impacts catastrophiques si cette technologie est laissée sans contrôle.
Les conséquences de la course à l’AGI
Tristan Harris, ancien insider de Google et expert en IA, a récemment discuté de la quête de l’AGI lors d’un podcast. Il affirme que la course folle pour atteindre une IA au niveau humain pourrait créer des incitations nuisibles à une croissance incontrôlée, compromettant ainsi la sécurité, la sûreté et le bien-être économique.
Harris souligne : « C’est une logique compétitive qui s’auto-renforce. Elle pousse chacun à prendre le plus de raccourcis, à négliger la sécurité et à se soucier de moins en moins des emplois perturbés. »
Une menace pour l’emploi
Une des préoccupations majeures de Harris concernant la trajectoire actuelle du développement de l’IA est son impact imminent sur le marché du travail. Selon lui, la capacité de l’IA avancée à remplacer le travail humain sans frais devrait être une préoccupation plus grande que l’immigration.
« Si vous vous inquiétez de l’immigration prenant des emplois, vous devriez être beaucoup plus préoccupé par l’IA », dit-il. « C’est comme un flot de millions de nouveaux immigrants numériques qui travaillent à une vitesse surhumaine pour moins que le salaire minimum. »
Des études préliminaires alarmantes
Des recherches préliminaires montrent déjà l’impact croissant de l’IA sur l’emploi. Une étude récente de l’Université de Stanford a révélé une baisse de 13 % des emplois pour les travailleurs en début de carrière due à l’IA. En 2025, environ 55 000 licenciements ont été attribués à la mise en œuvre rapide de l’IA, avec des entreprises comme Microsoft et Salesforce réduisant significativement leurs effectifs.
Harris compare cette situation à un nouvel accord de libre-échange : « C’est comme NAFTA 2.0, sauf qu’au lieu de la Chine, c’est une nation de génies dans un centre de données qui apparaît sur la scène mondiale, prête à effectuer tout le travail cognitif pour moins que le salaire minimum. »
Une nécessité de réglementation
Harris prédit que la construction actuelle non structurée de l’IA pourrait freiner la croissance, à moins qu’il n’y ait une réaction politique massive. On observe déjà une agitation dans certains États, malgré les décrets exécutifs qui réduisent la réglementation. Vingt-six États ont adopté des lois sur l’IA, avec des États comme New York et Californie proposant des exigences strictes concernant la sécurité et la transparence des données.
« C’est le dernier moment où le pouvoir politique humain comptera », affirme-t-il, soulignant que les entreprises d’IA pourraient réduire la valeur économique des travailleurs humains.
