Pourquoi les véhicules autonomes ne devraient pas être classés comme des IA à « haut risque »
Les véhicules autonomes supervisés sont désormais courants sur les routes coréennes, même s’ils n’ont pas encore atteint le niveau des robotaxis entièrement autonomes. Par exemple, Tesla, basé aux États-Unis, est le leader mondial de la vente de véhicules autonomes. En plus de générer des profits, Tesla acquiert d’énormes quantités de données de conduite, utilisées pour former et faire progresser son IA. Récemment, l’entreprise a annoncé qu’elle proposerait son système de conduite autonome via un modèle d’abonnement.
Les avancées en Corée
La Corée se distingue par sa densité industrielle de robots, soutenue par ses forces dans les secteurs de l’électronique et de l’automobile. L’usage de robots est plus important ici que dans tout autre pays, notamment dans la production automobile. Actuellement, l’industrie évolue vers une phase où l’IA et les robots construisent des véhicules, l’IA les opère, tandis que les humains paient pour leur usage.
Réglementation de l’IA
La nouvelle loi coréenne sur l’IA, entrée en vigueur le 22 janvier, établit des règles pour gérer les opérateurs d’IA qualifiés de « haut risque ». Malgré des sanctions différées, cette législation a déjà posé un précédent mondial. Cependant, l’Union européenne a retardé ses propres réglementations sur l’IA à haut risque, craignant que des lois trop centrées sur la réglementation ne freinent l’innovation.
La loi coréenne et l’AI Act de l’UE imposent des responsabilités aux fournisseurs d’IA pour gérer les risques. Néanmoins, en Europe, il y a une inquiétude croissante sur la difficulté de définir objectivement ce qui constitue réellement une IA à haut risque. La première ébauche de la loi de l’UE, publiée en 2021, visait à protéger la vie humaine et les droits fondamentaux, mais l’émergence d’IA à usage général comme ChatGPT a perturbé ce cadre.
Les défis réglementaires
Des systèmes d’IA à usage général créent un dilemme réglementaire, car leurs usages ne peuvent pas être définis à l’avance. L’UE a donc modifié son approche, imposant des obligations de transparence et de sécurité aux développeurs dès la phase de conception. Ce changement a suscité une forte opposition des États-Unis.
La Corée, en se positionnant comme le premier pays à mettre en œuvre de telles règles, a attiré une attention internationale intense. Par exemple, les véhicules autonomes de niveau 4 actuellement en phase pilote seraient considérés comme des IA à haut risque, tout comme les robotaxis déjà commercialisés à l’étranger.
Réévaluation des risques
Il est important de noter que l’IA physique ne se limite pas aux robots humanoïdes. Les véhicules autonomes qui perçoivent leur environnement et circulent dans des conditions réelles font également partie de cette catégorie. La volonté de protéger les humains en classifiant ces technologies comme à haut risque semble justifiée. Cependant, cette approche pourrait nuire à la compétitivité nationale de la Corée.
Alternatives et réflexions stratégiques
Pour rivaliser avec des entreprises comme Tesla, la Corée doit reconsidérer la définition des risques associés à l’IA et la manière dont ces risques doivent être réglementés. Une approche alternative pourrait imiter le système britannique, où les compagnies d’assurance indemnisent d’abord les victimes d’accidents de véhicules autonomes avant d’exercer leurs droits de recours.
En conclusion, alors que l’enthousiasme pour l’IA physique augmente, la Corée doit trouver un équilibre entre la réglementation nécessaire et le soutien à l’innovation dans le secteur des véhicules autonomes.
