Renforcement de l’application du Règlement IA de l’UE : focus sur OpenAI, Anthropic et Google
La Commission européenne a commencé, le dimanche, à appliquer les nouvelles dispositions du Règlement IA aux modèles d’IA à usage général. Cette mise en œuvre s’accompagne de pouvoirs élargis pour inspecter les modèles, restreindre leur accès au marché européen et infliger des amendes pouvant atteindre 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires annuel, selon le montant le plus élevé.
Champ d’application et entreprises concernées
Les nouvelles mesures, effectives depuis le 2 août, s’appliquent à toute société proposant un modèle d’IA généraliste dans l’UE, quel que soit le lieu de son siège. Parmi les acteurs visés figurent les géants américains OpenAI, Anthropic et Google, qui devront désormais se conformer aux exigences du règlement.
Obligations renforcées pour les fournisseurs
Les fournisseurs doivent :
• Documenter et transmettre certaines informations aux autorités compétentes ou aux fournisseurs en aval.
• Établir une politique de droits d’auteur et publier un résumé des données utilisées pour l’entraînement des modèles.
• Pour les modèles qualifiés « à risque systémique », appliquer des exigences supplémentaires concernant les risques de cybersécurité et de droits fondamentaux.
Transparence et interdiction de pratiques dangereuses
Le règlement interdit les systèmes d’IA qui manipulent les personnes, exploitent leurs vulnérabilités ou les classent d’une manière menaçant leurs droits. De nouvelles exigences de transparence imposent que les chatbots et autres IA interactives indiquent clairement qu’ils sont des IA et non des humains. De plus, tout contenu généré ou modifié par l’IA doit porter une marque lisible par machine.
Sanctions potentielles et responsabilités élargies
Outre les amendes liées aux violations substantielles, les autorités peuvent sanctionner le refus de répondre à une demande d’information, la diffusion de réponses trompeuses ou le blocage d’une évaluation de modèle, comme l’a rappelé Elisabetta Righini de Sidley Austin.
Réactions des entreprises concernées
OpenAI a déclaré poursuivre sa coopération avec la Commission, soulignant son implication dans les codes de pratique du règlement. Google a réaffirmé son engagement à respecter toutes les règles applicables. Par ailleurs, l’UE a entamé des discussions avec OpenAI et Anthropic suite à des cyber‑attaques liées à leurs modèles, conduisant Anthropic à accorder l’accès à son modèle Mythos à l’agence européenne de cybersécurité ENISA, et OpenAI à proposer l’accès à son modèle GPT‑5.5‑Cyber.
Perspectives et enjeux futurs
Ces nouvelles capacités d’application marquent une étape majeure dans la régulation de l’IA au niveau mondial. Elles soulignent l’importance d’une gouvernance responsable et d’une transparence accrue pour éviter les risques systémiques tout en permettant l’innovation technologique dans le respect des droits fondamentaux.
