Réglementation en Colorado : Protection de l’IA contre les plaintes pour exercice illégal du droit

Proposition de réglementation au Colorado pour protéger l’IA des plaintes concernant la pratique non autorisée du droit

La question se pose : l’utilisation de l’intelligence artificielle pour l’aide juridique constitue-t-elle la pratique non autorisée du droit ? Les avocats du Colorado affirment que non et adoptent des approches novatrices pour protéger les développeurs d’outils d’IA visant à élargir l’accès aux services juridiques.

Politique de non-poursuite

En septembre, le Bureau de la réglementation des avocats du Colorado a adopté une politique de non-poursuite sans précédent qui dépriorise la poursuite pour pratique non autorisée du droit (UPL) des développeurs d’outils technologiques d’aide juridique. Cette politique reconnaît que les développeurs, souvent non avocats, peuvent fournir une assistance juridique essentielle aux membres du public à faible et moyen revenu.

Jessica Yates, conseillère en réglementation des avocats pour la Cour suprême du Colorado, explique que la politique vise à modifier la définition de ce que signifie pratiquer le droit, permettant ainsi aux entreprises développant des outils basés sur la technologie de le faire sans crainte d’actions réglementaires.

Objectifs et garanties

Cette politique de non-poursuite sera en vigueur pour trois ans afin d’évaluer si elle favorise l’innovation et bénéficie aux consommateurs souhaitant utiliser l’IA pour des conseils juridiques. Elle inclut des garanties spécifiques, telles que l’obligation pour les développeurs d’être supervisés par des avocats et de divulguer clairement qu’ils ne sont pas des avocats.

Yates souligne que cette politique est conçue pour aider les individus qui se représentent eux-mêmes dans des affaires judiciaires, comme celles impliquant un propriétaire ou une compagnie d’assurance.

Exemples d’outils d’IA

Jessica Bednarz, directrice des services juridiques à l’Institut pour l’avancement du système juridique américain, note que la politique de non-poursuite du Colorado, ainsi que d’autres similaires, peut apporter de la clarté aux développeurs d’outils qui répondent déjà aux besoins juridiques des personnes. Elle cite en exemple Courtroom5, une plateforme utilisant l’IA pour aider les gens à se représenter eux-mêmes au tribunal, ayant déjà assisté des dizaines de milliers de personnes.

Approches alternatives

Lucian Pera, ancien président du Centre pour la responsabilité professionnelle de l’ABA, a écrit sur la manière dont les États peuvent s’inspirer de l’approche du Texas pour éliminer l’incertitude concernant l’utilisation de l’IA dans le domaine juridique. Après des accusations d’UPL contre une entreprise de logiciels dans les années 1990, le Texas a amendé sa loi pour exclure les logiciels informatiques de la définition d’UPL, tant que ces produits précisent clairement qu’ils ne substituent pas un avocat.

Pera affirme que l’IA ne constitue pas une UPL et que les conseils juridiques doivent être fournis par des avocats, mais que l’information juridique peut être dispensée par n’importe qui, voire par n’importe quoi.

Conclusion

La proposition de réglementation au Colorado représente une avancée significative vers l’intégration de l’IA dans le domaine juridique, offrant ainsi une opportunité aux développeurs d’outils d’aide juridique d’innover tout en assurant une protection adéquate aux consommateurs. La mise en place de politiques de non-poursuite pourrait être un modèle pour d’autres États cherchant à naviguer dans les eaux complexes de l’IA et du droit.

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