Réglementation responsable à l’ère de l’IA

Réguler de manière responsable dans un monde médié par l’IA

La sphère publique numérique de l’Inde est à un moment décisif. Les avancées en matière d’intelligence artificielle (IA), en particulier dans la génération et la modification de contenu audio, visuel et audiovisuel, ont profondément modifié la manière dont l’information est créée, consommée et crédibilisée. Bien que ces technologies élargissent les possibilités d’expression, de créativité et d’accessibilité, elles introduisent également de nouveaux risques touchant directement à la dignité individuelle, à l’harmonie sociale et aux valeurs constitutionnelles.

Renforcement de l’architecture légale et politique

Reconnaissant cela, le gouvernement de l’Union a consolidé l’architecture légale et politique régissant les intermédiaires numériques. Les récentes modifications des Règles sur les Intermédiaires et le Code d’Éthique des Médias Numériques de 2021, accompagnées des Directives de Gouvernance de l’IA en Inde de 2025, reflètent une approche cohérente et calibrée : des obligations légales contraignantes pour traiter des préjudices concrets, soutenues par des principes politiques pour guider l’adoption responsable de l’IA.

Un cadre de gouvernance clair

Ensemble, ces instruments signalent une intention claire de gouvernance : l’avancement technologique doit se dérouler dans un cadre préservant la transparence, la responsabilité et la dignité du citoyen. Les règles intermédiaires modifiées introduisent, pour la première fois, une définition précise et opérationnelle de l’“information générée de manière synthétique”. Cette définition est soigneusement calibrée pour inclure le contenu créé ou modifié artificiellement ou algorithmiquement de manière à sembler authentique.

Clarté juridique et responsabilisation des intermédiaires

Cette clarté définitionnelle joue une fonction juridique importante. En incluant explicitement l’information générée synthétiquement dans le champ de l’“information” pour la diligence raisonnable, le règlement assure que les formes émergentes de préjudice numérique sont traitées dans le cadre législatif existant, plutôt que d’être laissées aux pratiques de modération informelles.

De plus, il est clairement précisé que les actions de bonne foi entreprises par les intermédiaires, par le biais d’outils automatisés ou d’autres mesures techniques raisonnables, ne sapent pas les protections légales. Cela renforce un environnement favorable à la conformité tout en préservant la responsabilité.

Passage à une gouvernance proactive

Le changement le plus significatif dans le cadre modifié réside dans son passage de la modération réactive à la gouvernance ex ante. Les intermédiaires qui facilitent la création ou la diffusion d’informations générées synthétiquement doivent désormais déployer des mesures techniques raisonnables pour prévenir la circulation de contenu illégal au moment de sa création ou de sa diffusion.

Lorsque le contenu généré synthétiquement est légal, les règles exigent un étiquetage clair et proéminent, soutenu par des métadonnées persistantes ou d’autres mécanismes de provenance. La modification, la suppression ou le retrait de ces étiquettes est expressément interdite.

Une approche techno-légale nuancée

Cette approche techno-légale reflète une compréhension réglementaire nuancée. Au lieu de s’appuyer uniquement sur des suppressions après qu’un préjudice s’est produit, le cadre considère la transparence comme un garde-fou pour la dignité et la confiance. Les citoyens sont non seulement habilités à obtenir des recours mais également à distinguer le contenu authentique du contenu synthétique en temps réel.

Obligations supplémentaires pour les grands intermédiaires

Pour les intermédiaires de médias sociaux significatifs, le cadre réglementaire impose des obligations supplémentaires proportionnelles à leur taille et leur influence. Ces plateformes doivent obtenir des déclarations des utilisateurs concernant le contenu généré synthétiquement et s’assurer que ce contenu n’est pas publié sans identification appropriée.

Le non-respect de ces exigences peut constituer un manquement à la diligence raisonnable, avec des conséquences légales. Cette approche reflète une allocation calibrée de la responsabilité, reconnaissant que les plateformes ayant un impact systémique doivent assumer des obligations de gouvernance plus élevées.

Directives pour une adoption responsable de l’IA

Les Directives de Gouvernance de l’IA de 2025 articulent un cadre politique pour une adoption de l’IA responsable, sûre et inclusive. Elles mettent l’accent sur la transparence, la responsabilité, le design centré sur l’humain et la sensibilisation aux risques, tout en respectant les frontières de la loi existante.

Cette réponse de l’Inde face aux médias synthétiques offre non seulement une solution de gouvernance domestique, mais également un modèle pertinent au niveau mondial pour une régulation respectueuse des droits dans un monde médié par l’IA.

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